Sarkozy envoie “un signal extrêmement négatif aux autorités européennes”, estime Eau et Rivières
REACTION - Les déclarations samedi, au Salon de l’agriculture, du président Nicolas Sarkozy pour une modification de la mise en oeuvre des mesures environnementales dans l'agriculture constituent un "signal extrêmement négatif envoyé aux autorités européennes", a estimé l'association Eau et Rivières de Bretagne. "Au moment où, dans le domaine de l'eau, la France est sévèrement mise en cause pour les retards pris dans l'application des directives relatives à la protection des captages et aux nitrates, la décision de remettre en cause le volet agricole du Grenelle constitue un signal extrêmement négatif envoyé aux autorités européennes", a déclaré le porte-parole de l'association, Jean-François Piquot, qui met également en cause “la politique de girouette” du président de la République. Lire la suite...
"Ce recul ignore les engagements européens de la France", a poursuivi Jean-François Piquot dans un communiqué. "Personne n'est dupe. Ce n'est pas seulement le calendrier qui est remis en cause (par les propos de M. Sarkozy), ce sont bien les engagements du Grenelle qui sont aujourd'hui foulés aux pieds", a assuré le porte-parole de l'association qui lutte depuis des années notamment contre la prolifération des algues vertes sur les côtes bretonnes.
"La politique de girouette du président de la République, qui un jour fixe un objectif de 20 % de surfaces consacrées au bio, ou d’une réduction de 50 % des pesticides, pour dire le contraire le lendemain, ne peut constituer une feuille de route crédible pour les agriculteurs", a encore ajouté l'association, soulignant que "ce recul du président conforte les organisations agricoles les plus rétives aux évolutions pourtant indispensables".
"Il faut que nous changions les méthodes de mise en oeuvre des mesures environnementales dans l'agriculture", a affirmé Nicolas Sarkozy, samedi, au Salon de l'agriculture à Paris, précisant que le gouvernement allait réfléchir à de "nouvelles méthodes d'analyse en matière environnementale dans l'agriculture".
La France est toujours sous la menace d'une amende européenne de plus de 28 millions d'euros pour non respect de la directive eau alimentaire de 1975. La commission européenne, qui avait suspendu cette pénalité en septembre 2007 après avoir pris acte d'un engagement des autorités françaises en ce sens, examine actuellement les résultats obtenus et devrait statuer courant 2010.(avec AFP)


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