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  • HISTOIRES ORDINAIRES - Animé par une équipe de huit journalistes et non-journalistes bénévoles, réunis autour de Michel Rouger, ancien grand reporter à Ouest-France, le site de reportages, www.histoiresordinaires.fr est à consommer sans modération. Basé à Rennes, il n’a d’autre but que de “parler du monde d’aujourd’hui à partir d' histoires humaines, individuelles ou collectives, significatives”. Un site dédié à “tous les anonymes, tous les invisibles, qui étonnent par leurs passions et leurs convictions”.

A ne pas rater

  • EXPO - Retrouvez les peintures abstraites et colorées de Jacques Ayel (voir Liberennes du 14/01) à la Direction départementale du Crédit Mutuel de Bretagne, boulevard de la Tour d'Auvergne à Rennes. L'expo est visible jusqu'au 29 avril, du lundi au vendredi (8h30-18h) avec, chaque jour à 12h30 et 17h, la projection d'Essentiel, court métrage de 25 mn expliquant le processus de création de cet artiste souffrant de sclérose en plaques qui se sert des mains des autres pour créer.
  • SORTEZ COUVERT - Des étudiants de l‘institut de Gestion de Rennes réunis au sein de l’association IGR entr'aides organisent le 22 avril 2011 à la salle de la Cité à Rennes un concert dont les bénéfices seront entièrement reversés à l'association AIDES pour la lutte contre le SIDA. Avec au programme (à forte tendance électro-pop) des groupes tels Something à la Mode, Make the Girl Dance, Mustard Pimp ou encore Broes Before Hoes.

12/03/2010

Les Antipodes se retrouvent à Brest

DANSE - Les Antipodes du Quartz de Brest, qui ont engendré les Anticodes à Chaillot et aux Subsistances de Lyon (première édition du 25 au 28 mars), ont toujours secoué le landerneau. Résolument tourné vers les formes atypiques, ce festival a su conquérir un public et séduire les programmateurs. Sans politique «jeuniste», mais tout simplement jeune, cette manifestation, qui fête ses dix ans, est un bonheur. On mange des huîtres entre deux spectacles, on parle aux artistes sans intermédiaire, on accepte le chaos salvateur et Jacques Blanc, directeur du Quartz, une des plus grosses structures nationales, en profite pour citer Georges Didi-Huberman et Pier Paolo Pasolini : «On ne voit plus les luciolesLire la suite...


Manga. A Brest, la performance physique (pas la prouesse) semble redevenue une valeur authentique. Colin Dunne, danseur traditionnel irlandais tout droit sorti d’un Riverdance, se livre à un solo époustouflant, dialoguant via des projections avec ses aînés des années 30 et tentant de pousser la tradition à son comble pour en faire un langage personnel.

Comme sortie d’un manga, la Japonaise Norico Sunayama manie le godemiché tel une arme à feu et plaide pour la paix. Martha Izquierdo joue la sirène survoltée à la recherche de l’objet de son désir. Autre bête de scène, Jonathan Capdevielle, à partir d’un montage de chansons des plus vulgaires, livre un tour de chant inouï, jusqu’à finir laminé au sol, pauvre créature lamée, alors qu’une chorale de Montpellier entonne un tube du répertoire : «Halte-là, halte-là, halte-là, les montagnards, les montagnards, halte-là, halte-là, les montagnards sont là…» On en rit, on en frissonne.

Castor et Pollux. La Sud-Africaine Steven Cohen, juchée sur ses cothurnes en vrais crânes humains, dénonce le pouvoir de l’argent et les systèmes bancaires qui ont conduit son frère au suicide. Cecilia Bengolea et François Chaignaud, artistes associés au Quartz depuis 2008, sont au cœur de cette dixième édition. Ils inventent une chorégraphie astrale. Suspendus dans les cintres, le public allongé sur le plateau, ils jouent Castor et Pollux, puis les Dioscures protègeant les marins ; ils s’éclatent sur la plage en rendant hommage à un presque inconnu, François Malkovsky et sa danse «libre» des années 20. Avec Duchesses, ils adoptent jusqu’à l’hypnose le hula-hoop, symbole de libération sexuelle.

Enfin Cecilia rejoint le groupe Paris suit Yourself et ses sons déviants. Tous occupent la scène de manière prégnante, ce sont des stars pour lesquelles le monde du spectacle n’a plus de secret, des solistes qui s’avancent sans filet. Cecilia Bengolea et François Chaignaud n’ont pas encore 30 ans et l’on devine déjà qu’ils sont en mesure de réinventer un théâtre baroque.

Marie-Christine VERNAY

(article paru dans Libération du 12/03

Antipodes, Le Quartz, 60, rue du Château, Brest (29). Jusqu’au 13 mars. Rens. : 02 98 33 70 70. ou en cliquant sur Antipodes

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