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11/03/2010

La langue bretonne, alibi électoraliste?

REGIONALES - Les trois formations politiques en tête des sondages (1), Europe Ecologie, Majorité Présidentielle et Parti Socialiste (sans compter la liste “Nous te ferons Bretagne”), se présentent toutes en Bretagne comme d’ardents défenseurs de la langue bretonne et comptent chacune leur lot de candidats bretonnants. Pas sur cependant que celà se révèle déterminant pour attirer les suffrages. Lire la suite...

Pour Guillemin Matthieu, co-directeur de la campagne de Bernadette Malgorn, “la liste de la majorité présidentielle peut s’enorgueillir de présenter neuf candidats réellement bretonnants sur les quatre départements administratifs de la région, tous en position éligible “.

Au PS, Jean -Yves Le Drian est allé chercher une figure de la défense de la langue bretonne: Léna Louarn, présidente de l’office de la langue bretonne, pour lui offrir une 11ème place sur sa liste dans le Finistère.

Europe Ecologie, qui accueille en Bretagne des conseillers sortants de l’Union démocratique bretonne (UDB) et des militants de Breizhistance (ex-Emgann), offre également une grande visibilité aux candidats parlant le breton. Ainsi, sur chaque liste départementale, l’une des trois premières places est occupée par un bretonnant.

La culture bretonne et le rattachement de la Loire-Atlantique aux quatre départements de la Bretagne administrative font également recette chez la plupart des candidats. Pourquoi tant de sollicitude?

D’après les derniers recensements, la Bretagne ne compte que 206 000 locuteurs bretons, soit un peu plus de 5% de la population totale (4 300 000 habitants). Mais plus de 60% des personnes maîtrisant cette langue ont plus de 60 ans et, classée en danger par l'Unesco, elle perd environ 10.000 locuteurs chaque année et est aujourd’hui menacée d’extinction. Celà expliquerait-il un regain d’intérêt pour cet idiome?

Toujours est-il que le nombre de personnalités sachant manier le breton et inscrites sur les différentes listes n’a jamais été aussi important. Fanch Broudic, journaliste et chercheur, les a recensées sur son blog Langue Bretonne. D’après ses observations et les commentaires laissés par des blogueurs, les locuteurs bretonnants éligibles représenteraient plus de 10% des effectifs. Une grande première. Olivier Le Moign, directeur scientifique de l’Office de la langue bretonne, est le premier surpris.

C’est vrai que c’est nouveau mais, cette année, la mise en avant de la langue bretonne devrait arriver en cinquième position dans les programmes, après les questions liées à l’emploi et le développement durable”, relativise t-il.

Serait-ce au final un regain d’intérêt pour la langue bretonne qui aurait propulsé des personnalités bretonnantes au premier plan ou un simple argument électoraliste? La présence de bretonnants sur les listes va t-elle réellement rapporter des voix? Nous avons interrogé sur ce thème 46 personnes au hasard le dimanche 7 février, à la bibliothèque des Champs-libres, à Rennes. Pas un panel représentatif donc. Mais tout de même suffisant pour prendre le pouls de la capitale bretonne sur cette nouvelle tendance.

Résultat: la moitié des sondés est née en Bretagne or seulement huit affirment que la présence de personnalités bretonnantes sur les listes peut influencer leur vote. Une grosse majorité (28 personnes) s’estime indifférente à l’argument bretonnant mis en avant. On rétorquera que l’Ille-et-Vilaine n’est pas un territoire dédié au breton mais plutôt au gallo. Que la population des villes est moins sensible à la langue bretonne que le monde rural.

Reste que ce petit sondage donne une idée de la portée réelle de ce thème sur l’électorat. Si elle n’est pas un gage de victoire, la mise en avant de la langue bretonne et de personnalités bretonnantes pourrait bien cependant faire basculer une élection “à la marge”. C’est du moins ce qu’écrivait déjà Fanch Broudic après les élections législatives de 2002.

Toutes les élections, dit-on, se gagnent à la marge, soulignait t-il. Paradoxalement, en ce début de 3ème millénaire, la langue bretonne qu’on ne parle presque pas pendant une campagne électorale pourrait faire gagner ou perdre une élection”.

A vérifier les 14 et 21 mars prochains pour ces régionales...

Arnaud Eyssautier

(avec Pierre-Henri ALLAIN)

(1) D’après une enquêtre TNS-Sofres réalisé à l’échelon national

(Cet article a d'abord été rédigé dans le cadre d'un atelier de l'Institut d'Etudes Politiques (I.E.P.) de Rennes auquel ont participé début février quatorze étudiants en master de journalisme. Il a ensuite été retravaillé et réactualisé pour les besoins de Libérennes. Un quatrième et dernier sujet sera publié vendredi)

Commentaires

Breton pur porc depuis des générations, cette montée des ayatollahs bretonnants me fait peur. La langue bretonne n'est parlée que par quelques anciens ou alors par des extrémistes qui voudraient imposer leur marotte au plus grand nombre qui a d'autres chats à fouetter.
Voir tous ces panneaux en pseudo-langue bretonne dans des endroits où il n'a jamais été parlé, fait sourire (jaune).
Certains veulent imposer le voile à leur femme, d'autres la coiffe.

Hep brezonneg, breiz ebet. Sans langue bretonne, pas de Bretagne. Je crois que beaucoup de bretons (natifs ou immigrés)ont intériorisé celà. Et l'attachement à la langue est très fort dans la population bretonne, même celle qui ne parle pas le breton. Plusieurs enquêtes publiées à ce sujet en attestent. Alors étonnant de voir autant de bretonnants parmi les candidats, pas tant que celà, ce sont des gens très engagés dans le développement de leur région, combatifs et opiniatres comme il faut l'être pour défendre une cause perdue. Devant l'immobilisme des élus jusqu'à présent, je crois qu'il y a aussi chez les bretonnants une stratégie qui consiste à monter au créneau, à prendre des responsabilités. Passé le temps des plastiqueurs, voilà venir le temps des décideurs élus. Et c'est tant mieux.

Et les autres listes vous en parlez pas?
La liste nous te ferons bretagne de Christian Troadec soutenue par le parti breton a fait une campagne vraiment bilingue et est celle où il y a le plus de brittophones parmis les candidats

Cher "Breton pur porc", les Bretonnants n'imposent rien à personne. En revanche, le français leur a été imposé depuis un siècle comme unique langue autorisée dans la plupart des domaines de leur vie : l'école, le travail, les médias de masse, l'église. Plus d'un million de bretonnants au quotidien il y a 100 ans, seuls 200 000 locuteurs (bien moins en usage quotidien) aujourd'hui. L'essentiel du choc s'est fait en deux générations.
Vous appelez sans doute ça un progrès ou une émancipation. Moi pas. Une acculturation brutale et violente fondée sur une humiliation intériorisée. Les bretonnants aujourd'hui ne veulent imposer leur langue un personne. Ils veulent seulement pouvoir la pratiquer au quotidien, naturellement, sans se faire traiter d'ayatollahs.
Le Breton est bien une langue, et elle n'a rien de "pseudo".

et la langue bretonne n'est pas parlée que par quelque anciens ou extremistes, c'est un cliché fait pour nous discrediter. c'est une langue de plus en plus jeune, il suffit de voir tout ce qui' a été fait sur internet en breton. et que l'enseignement bilingue croit chaque année de 6% et dans TOUTE la bretagne. rien qu'a rennes, territoire gallo, il y a plus de 10000 brittophones.le breton ne mourra pas etle nombre de locuteurs se stabilisera vers 2030 pour repartir a la hausse.regardez le rapport de l'ofis ar brezhoneg!

Je reviens sur la déclaration de " l'ayatollah" du précèdent message...
On peut vraiment se demander ou est l'intolérance..pourquoi tant de hargne a ne pas supporter la différence..
Oui cher " tenant" de la pensée unique ( Coca cola - Mac Donald)..la Bretagne a plusieurs langues et en a bien besoin..( voir "réussites" en Europe : Catalogne, Pays de Galle...etc)
Relocalisation de l'économie, réorganisation sociale des Territoires ( entre autres) nécessitent l'appui de " fondamentaux", dont la langue ( en particulier le Breton), est un des vecteurs indispensable..
N'est pas " prospectif" qui veut, continuer donc, cher passéiste a vivre votre " aversion"...avec les prélèvements obligatoires( retraite, secu, chômage)financés par les Entreprises bretonnes ( tourisme,agro alimentaire,électronique) qui elles font de cette culture une des conditions "clé" de leur développement, (et de vos conditions de vie..bien sur )

Comment on dit "Grouïïïïïïïk !" en breton pur porc ???

La langue bretonne ,oui,mais en Basse- Bretagne,là où elle a un sens! Une grande partie de la Bretagne n'a jamais parlé breton,une autre que du 6 ou 7 siècle au 11,12éme siècle,c'est la Haute Bretagne ou pays gallo.Respectons la diversité des terroirs,notre richesse,plutôt que d'imposer un langue chimique de Brest à Vitré!Et respectons ces populations,nos pères ,grands-pères,etc...qui parlaient cette belle et riche langue romane,cousine du Français.
Bretagnes plurielle,oui,! uniforme,non!!

...//...des militants de Breizhistance (ex-Emgann)...//...

Je ne suis pas sur, qu'il y en a sur les listes candidates !

Tout à fait d'accord avec le premier commentaire.
Nous avons des groupuscules paranoîaque qui se croient harcelés par les "Parisiens".
Ils ne veulent pas comprendre qu'un pays existe si on ôte les barrières qui sépare les gens.
Alors des irresponsables politiques flattent le penchant "identitaire" pour capter des électeurs.La double signalisation c'est comme un "sussucre" que l'on donne à son chien quand il a été gentil.

Citron t'es garde frontière...? Non mais tu te crois où ? Tu te prends pour qui ?
Les britophones on en trouve partout...et c'est pas toi qui va brimer nos droits...
D'ailleurs regardes t'es dépassé : (en bon français : has been) : c'est un rapport de diagnostic de l'office de la langue bretonne : lis le bien avant de causer
http://www.ofis-bzh.org/upload/travail_paragraphe/fichier/110fichier.pdf

keno !

(ha ouais j'oubliais je suis locuteur de breton et j'habite à Rennes et je compte bien qu'on me respecte)


et j'ajouterais que j'en ai ras le bol que des non locuteurs non compétents qualifient notre langue de chimique...He citron je te fais un cours quand tu veux et on va voir ensemble le locuteur que tu veux...non mais de quoi je me mêle...?
Imposer ? Mais bordel c'est le français qui est OBLIGATOIRE ! N'inversez pas les roles...
Et enfin qui impose quoi et à qui ?
Les 13 000 enfants scolarisés en breton et les 3000 adultes (dont 300 à Rennes et autant à nantes) on les emmène en cours de force ? encadrés par la troupe ?
Au fait combien d'apprenant en gallo ? Où ? vite, vite des chiffres ! des faits ! quelle orthographe ?
et qui ou quoi empêchent les gallésants d'ouvrir des cours du soir en basse bretagne ? ou ailleurs ? Surement pas nous les méchants brittophones...

Allez citron...t"es pas compétent..tu ne sais pas de quoi tu parle c'est tout...

Serr da veg !

C'est assez incroyable le nombre de sociolinguistes, de dialectologues, d'ethnolinguistes, d'historiens de la Bretagne sur ce type de forum. On voit par les propos des uns et des autres que vous avez étudié en profondeur ces domaines appliqués à la langue bretonne !
J'imagine que vous en connaissez tout autant sur la situtation sociolinguistique de la langue française, de ses évolutions dialectales, de sa standardisation et tout !
C'est très enrichissant tout ça...

pour citron...j'aimerais bien apprendre le gallo en cours du soir à Rennes...c'est là que j'habite...bah c'est dommage, il n'y en a pas !
Par contre des cours de breton il y en a plein !
Comment tu l'expliques ?

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