Edouard Leclerc et la Légion d’honneur: une décoration qui passe mal
CONTROVERSE - Père de Michel-Edouard, fondateur des hypermarchés du même nom et désormais titulaire de la Légion d’honneur, Edouard Leclerc n’en a pas fini avec les questions entourant son rôle durant l’Occupation. Si l'ancien épicier de Landerneau (Finistère) a bien été blanchi à la Libération des accusations de collaboration portées contre lui, les raisons du non-lieu apparaissent mal établies, comme le montre, document à l’appui, le journaliste d’investigation Bertrand Gobin sur son blog. Celui-ci révèle que la Cour de justice de Quimper aurait, en 1945, prononcé le non-lieu en reconnaissant l'accusé “irresponsable de ses actes” sur la foi d'un certificat médical. Une version sensiblement différente de la thèse défendue par l’intéressé lui-même dans son autobiographie (parue en 1974) où il affirme avoir été innocenté “grâce à un travail d’archives”. L’article du journaliste rennais aurait été qualifié d’”immonde” par Michel-Edouard Leclerc, lors d’un dîner parisien. Reste que la remise de la Légion d’honneur, le 14 décembre dernier à l’Elysée, à son père, laisse pour le moins dubitatifs les associations d’anciens combattants et de médaillés de la Légion d'honneur tandis que la famille de François Pengam, un résistant de Landerneau victime de la gestapo en 1944 à la suite d’une dénonciation, a exprimé son "profond désarroi".
PHA

Michel-Edouard perd son calme et son sourire si promotionnel...Edouard jugé "irresponsable de ses actes"en 1945...Les années passent mais l'histoire reste. Jusqu'ici on ne l'avait quand même pas décoré...
Bizarre tout de même que ce genre d'information ne soit pas plus médiatisé...achat d'espace publicitaire en moins peut-être? bravo Bertrand Gobin un véritable travail journalistique d'investigation...à méditer dans les grandes rédactions!
Rédigé par : Fidelia | 10/03/2010 à 12:56
Ce n'est pas du journalisme d'investigation, c'est avoir une bien étrange idée de ce qu'est le droit.
Je n'ai aucune opinion pour ou contre M. Leclerc ou quant à ses agissements, mais je sais qu'un non-lieu définitif éteint complètement l'action publique.
Donc, pour notre droit, M. Leclerc n'a commis aucun acte répréhensible, et peu importe la raison pour laquelle le non-lieu a été rendu.
Rédigé par : jmarc | 10/03/2010 à 16:13
Leclerc a été jugé il y a 65 ans, il n'a pas été condamné.
Et il serait impossible de parler des condamnations passés d'Ali Soumaré, ou des affaires pour lesquelles il a été condamné et a fait ensuite appel ?
Rédigé par : Corto | 10/03/2010 à 16:50
Aujourd'hui, la haine et la vengeance ne sont plus de mise mais la République avait sans doute mieux à faire que de décorer Edouard Leclerc qui lui même aurait mieux fait de rester tranquillement couler ses vieux jours dans son manoir finistérien plutôt que de venir chercher les honneurs élyséens ?
On connaît les bonnes relations de son fils avec le chef de l'Etat (il lui a soufflé le thème de sa campagne victorieuse en 2007, Sarko lui a offert en retour la LME, qui profite tant aux magasins Leclerc). En demandant cette décoration, MEL a contribué à faire remonter le passé de son père à la "grande surface".
Rédigé par : Jaouen | 10/03/2010 à 19:05
@Corto
Ce n'est pas parce qu'il s'est passé 65 ans depuis la fin de la guerre que son honneur a été lavé. Ne serait-ce qu'en mémoire de ceux qui ont sacrifié leur vie durant cette période pour une certaine idée de la France.
Rédigé par : zérozaza | 10/03/2010 à 21:10
Tout d'abord non-lieu ne veut pas dire que l'on soit innocent (ou alors c'est un acquittement), mais que les charges sont insuffisantes.
Le journaliste B. Gobin se trompe sur son site. Herbert Schaad n'était pas membre de la Gestapo mais interprète au "Kommando de Landerneau" de sinistre mémoire. Ce kommando était chargé de la traque contre les résistants du Finistère. Parmi ses membres plusieurs nationalistes bretons du PNB. Il y avait également deux jeunes résistants arrêtés puis "retournés" par les Allemands. Ceux-ci ont déclaré lors de leur procès que le jeune Edouard Leclerc était présent au siège du Kommando de Landerneau avec Schaad lors de la rafle contre le patronage "Les Gars d'Arvor" qui verra l'arrestation de Pengam. Il avait une liste à la main. En conclure qu'il serait un dénonciateur serait aller un peu vite, mais il y a quand même de sérieux doutes.
Rédigé par : Produit Repère | 10/03/2010 à 21:30
La légion d'honneur, il faut vraiment manquer de dignité pour porter ce truc et ce bien avant qu'on la donne à Poutine.
Rédigé par : Eugène | 11/03/2010 à 15:03
Michel-Edouard Leclerc... partenaire officiel de la désertification rurale, du tout bagnole, de la médiocrité consommateuriste et de la brutalité érigée en intelligence managériale (entre autres).
Rédigé par : Marc | 11/03/2010 à 15:07
si on est jugé irresponsable de ses actes, c'est, en principe, qu'il y a eu des actes, sinon à quoi ça aurait servi de fournir une expertise psychiatrique?.
Certes 65 ans ont passés mais les fusillés sont toujours fusillés et E.Leclerc lui, coule des jours heureux, merci, avec sa rosette.
Il était temps que ce que tout le monde savait dans Landerneau apparaisse au grand jour. Merci à B.Gobin
Rédigé par : ROBERT Michel | 11/03/2010 à 21:19
Voici un site qui apportera des précisions et des informations correctives et complémentaires suite aux commentaires:
http://francois.pengam.1944.free.fr/
François PENGAM résistant, torturé puis fusillé le 27 mai 1944 à l'âge de 19 ans,
après dénonciation à Herbert SCHAAD chef de la Gestapo de Landerneau en 1944,et toujours sans sépulture à ce jour.
"....Le Sergent Herbert SCHAAD : c'est le véritable chef du Kommando de Landerneau (la Gestapo). Né le 10 janvier 1906 à Stuttgart, il a étudié à la Sorbonne et a effectué une thèse concernant Jean-Jacques ROUSSEAU. Il commence par être interprète à la Standortkommandantur de Landerneau, puis malgré son grade, dirige le Kommando efficacement pour les Autorités Allemandes et fait preuve de cruauté à l'égard des personnes arrêtées, résistantes pour une bonne part. Il termine la guerre avec le grade d’adjudant.
Il est jugé à Paris par le Tribunal Permanent des Forces Armées (T.P.F.A.) de Paris, du 26 au 28 novembre 1951, pour assassinats, meurtres, coups et blessures volontaires, pillages, incendies criminels, commis entre avril et août 1944 dans la région de Landerneau. Il est condamné aux travaux forcés à perpétuité. Il sera libéré le 26 juin 1954...."
Rédigé par : Droit & Juste | 13/03/2010 à 14:48
Qui est Produit Repère et comment sait il tout cela? Quels éléments a t il en sa possession ? Comment savoir ce qui s'est réellement passé? et qu'est ce que tout le monde sait dans Landerneau ? et comment les Landernéens savent ils ? et les preuves?
Qui peut répondre?
Rédigé par : helene devaux | 13/03/2010 à 20:52
Ce dossier ressort régulièrement.
Je crois qu'il y a eu des procédures dans les années 80, Cour d'Appel & co. Il doit donc bien y avoir un Arrêt. Il faudrait peut-être mettre tout cela en lumière avant de se faire une opinion.
Mais je crois que le prblème n'est pas là!
Est-ce vraiment ce vieil homme terré en Bretagne qui est visé?
A qui peut-on faire croire cela...
Rédigé par : CLEM | 23/04/2010 à 10:07
Si LECLERC n'avait pas demander la légion d'honneur on n'en parlerait pas MAIS en plus il veut le beurre et l'argent du beurre et bien on appelle ça un retour de boomerang il est trop gourmand collabo ET honorabilité il faut savoir choisir
Rédigé par : desvaux | 23/04/2010 à 18:24
Michel Edouard Leclerc, rejeton d'Edouard, a bien tenté de protéger celui-ci en insultant copieusement Mr Gobin à l'occasion des diners celtiques de Yannick Le Bourdonnec en février a Paris : "fieffé salaud, pourriture, immonde..."
Le bourdonnec, biographe officiel de MEL, a fait preuve de complaisance tout comme les participnats bretons qui n'ont rien trouvé de mieux que d'applaudir le fifils et de conspuer le journaliste d'investigation.
non aux bretons qui couvrent les actes de collaboration !!!!!
Rédigé par : Kemper | 25/04/2010 à 10:40
On ne compte plus le nombre de personnes dont l'attitude a été ambiguë pendant la guerre. Le site Contreculture liste les plus "emblématiques". En voici un condensé qui peut faire frémir au premier abord mais qui est très révélateur de l'esprit français. La faute aux autres... Sarkozy sortait ces derniers jours "Vichy a trahit la France". Mais la France n'était-elle pas Vichy pendant la guerre ?
De même, et certains commentaires, ici sont révélateurs, on accuse les Bretons (et les militants bretons en particulier) de collaboration zélée pendant la guerre. Certes, cela a été le cas d'une partie d'entre eux, mais certainement pas plus qu'ailleurs. Le monde intellectuel et artistique français a été touché par cette gangrène et pas des moindres...
Démonstration :
Donc parmi les grands il y a bien évidemment Céline, le célèbre romancier qui a collaboré, s'est réfugié à Baden-Baden, à Singmaringen puis au Danemark a été condamné en 1950 à l'indignité nationale et à un an de prison.
Mais... il est aujourd'hui encensé comme un "grand écrivain".
Sans parler du poète Claudel qui publie dans le Figaro en 1941 un ode au maréchal Pétain.
Et Colette qui collabore au non moins collaborationiste journal Le Petit Parisien pendant la guerre.
Et Michel Debré, tient, il n'a pas la légion. Pourtant il a prêté serment d'allégeance au maréchal Pétain.
Et la grande Marguerite (Duras) qui co-écrit avec Philippe Roque un livre raciste et colonialiste, L'Empire français. N'a-t-elle pas été secrétaire d'une commission de censure contrôlée par la Propaganda Staffel pendant la guerre ?
Et l'écrivain pacifiste Giono ! Il collabore pendant la guerre à l'hebdomadaire La Gerbe et à la NRF de Drieu la Rochelle. Sept mois d'incarcération lors de "l'épuration"... et je l'ai étudié à l'école !
Le subtile Guitry, Académie Goncourt. Dénoncé publiquement comme "Collaborateur" par le Conseil National des Ecrivains (CNE) en 1944-1945 et emprisonné au Vel' d'Hiv', à Drancy puis à Fresnes.
Les grands frères Lumière dont on nous narre les inventions qui ont révolutionné le monde et qui son la "lumière de la France" en terme cinématographique... L'un est membre du Comité d'honneur de la LVF et collabore au journal du PPF L'Emancipation Nationale. L'autre (Louis) est membre du Conseil National de Vichy. Au point d'être décorés de la Francisque.
Et Mac-Orlan qui en 1935 signe le manifeste de soutien à la colonisation de l'Ethiopie par Mussolini, il collabore au journal Les Nouveaux Temps pendant la guerre, et à d'autres journaux collaborationnistes..
Dans un registre plus léger, Tino Rossi qui animait les concerts pour la LVF et a été emprisonné lors de l'épuration.
Et Charles Trenet dont des salles de spectacle portent le nom (même des studios de Radio Francce). N'a-t-il pas été condamné à l'épuration à une interdiction de 10 mois pour avoir fanfaronné dans le tout Paris pendant la guerre...
Jean Anouilh, que j'ai également étudié à l'école, collabore au journal Aujourd'hui.
Pire, Barjavel, également étudié à l'école, reste Directeur littéraire aux Editions Denoël (associées à l'allemand Andermann) pendant la guerre. Il sera également Directeur de la collection pour la jeunesse "la fleur de France". Il publie Ravage en 1942 qui sera publié en feuilleton dans le journal collaborationniste Je Suis Partout . Il sera dénoncé publiquement comme "Collaborateur" par le Conseil National des Ecrivains (CNE) en 1944-1945.
Le Sculpteur Belmondo sera membre du groupe "Collaboration" et familier des diners de l'ambassade d'Allemagne pendant la guerre.
Le monument Camus dont le livre L'Etranger paraît en 1942 aux éditions Gallimard (Editeur de la Nouvelle Revue Française (NRF) dirigée par Drieu la Rochelle et dont Gaston Gallimard fréquente l'Institut Allemand pendant la guerre). Camus rencontre Sartre en 1943 à la générale des Mouches. Il fait jouer sa pièce Le Malentendu en 1944, avec l'appui de Gherard Heller, de la Propaganda Staffel.
Et le grand Sarthe parlons-en ! Il publie L'Être et le Néant en 1943, fait jouer ses pièces de théâtre pendant la guerre (Les mouches en 1943, Huis clos en 1944), devant des parterres d'Allemands. On lui doit l'affirmation : "Jamais nous n'avons été plus libres que sous l'occupation allemande" (La république du silence).
Bien évidemment, beaucoup sont connus pour avoir retourné leur veste... Maintenant ils sont au Panthéon des intellectuels français mais l'Histoire reste l'Histoire...
Ces accusations sont lourdes. L'auteur de Contreculture cite ses sources :
La collaboration... à gauche aussi. Rémi Handourtzel et Cyril Buffet. Ed Perrin, Paris 1989
Fascisme français. Pierre Milza, Ed Flammarion , Paris 1987
La grande histoire des Français sous l'occupation. Raymond Amouroux. Ed Laffont, 1998
La République xénophobe. P.J. Deschodt et F. Huguenin, Ed Lattès 2001
Histoire de l'épuration. Robert Aron. Ed fayard 1967
Histoire de la collaboration. Dominique Venner. Ed Pygmalion, 2000
Un paradoxe français, Simon Epstein, Ed Albin Michel, 2008
Rédigé par : Libre penseur | 09/05/2010 à 11:39