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05/02/2010

Algues vertes: un plan pour "changer la donne" promet Bruno Le Maire

1260266785 ENVIRONNEMENT - Pas grand chose de nouveau sous le soleil après les visites de Chantal Jouanno, Secrétaire d’Etat à l’écologie et de Bruno Le Maire, ministre de l’Agriculture, à Rennes vendredi matin. Après une réunion de deux heures où ont été reçus représentants des collectivités, du monde agricole et des associations de défense de l’environnement, Bruno Le Maire a essentiellement marqué sa volonté de “changer la donne” dans les pratiques agricoles. A travers notamment une nouvelle transparence sur les flux d’azote utilisés ou échangés dans les exploitations, et l’appel à projets lancé pour réduire les épandages de lisiers ou favoriser les élevages extensifs. Lire la suite...

“On ne peut revenir sur 15 ou 20 ans de pratiques qui n’allaient pas dans le bon sens d’un claquement de doigt”, a t-il souligné, précisant qu’il fallait aussi “tenir compte des contraintes économiques de l’agriculture”.
Il n’y a pas d’incompatibilités entre le développement agricole et l’environnement”, a t-il insisté. Sur un plan global de 134 millions d’euros sur cinq ans, 24 millions seront consacrés au seul volet agricole. Pour Chantal Jouanno, le plan d’actions du gouvernement est aussi “un tournant”, même s’il faudra attendre selon elle “10 à 15 ans” avant d’espérer éradiquer complètement le phénomène des maréres vertes compte tenu du “temps de résorption” dans les sols des nitrates provenant des engrais et des rejets d’élevages industriels qui favorisent la prolifération des algues. La secrétaire d’Etat a toutefois promis une baisse de “30 à 40%  des nitrates d’ici 2015” sur les bassins versants des baies de Lannion et Saint-Brieuc où seront expérimentées de nouvelles pratiques. Sur le volet curatif, une chose est à peu près certaine, “On va ramasser toutes les algues sur les plages” a assuré Chantal Jouanno, éliminant ainsi le risque sanitaire apparu l’été dernier après la mort d’un cheval et le malaise de son cavalier sur une plage des Côtes d’Armor. “En 2012, on sera en capacité de les méthaniser (les algues vertes) pour faire de l’énergie et une forme d’engrais”, a précisé la secrétaire d’Etat dont le plan prévoit également la création de quatre nouvelles plate-formes de traitement des algues dans la région. “Ce plan n’est pas à la dimension du problème, a aussitôt, réagit Gilles Huet, délégué de l’association Eau et Rivières. Il affiche une ambition mais n’a pas les moyens de cette ambition. Il faudrait investir 70 millions d’euros pour la seule baie de Lannion et il est question de 134 millions d’euros pour huit baies en Bretagne, cherchez l’erreur”. Les associations dénoncent également le manque de véritables incitations au développement d’une agriculture alternative et un plan qui fait peu de cas du principe pollueur-payeur, faisant porter l’effort financier sur les contribuables. “Nous ferons des recours en justice partout où on pourra le faire”, a promis Denis Baulier, du collectif Urgence Marées Vertes. Le président de la FRSEA (Fédération Régionale des Syndicats d’Exploitants Agricoles), Laurent Kerlir, s’est dit de son côté satisfait d’avoir été “entendu".Les propositions de la profession ont été retenues. Maintenant, il faudra vérifier la pertinence des efforts”.

Pierre-Henri ALLAIN

(Photo AFP)

Commentaires


ramasser les algues = dépenser de l'argent public pour risquer de se prendre une amende de bruxelle pour aide injustifiée comme cette région a bénéficié d'aide pour son agriculture cause de ces dommages... bof bof

le système du bonus/malus, moins coûteux ET BCP plus efficace serait bien mieux.

[exemple de bonus/malus sur toute la bretagne, voire sur toute la france :
malus temporaire (jusqu'à ce que les niveaux deviennent acceptables) special de dépollution sur les produits les plus polluants : les engrais azotés, la plantation et l achat de maïs, les élevages industriels,...
bonus de 10% sur les pratiques les plus respectueuses (le bio, la luzerne, le trèfle, le chanvre, le seigle,...ET sur les ramasseurs d'algues (payés à 10% par le bonus, le reste restant à la charge des locaux)]

p.s.
j adore la précision :
"En 2012, on sera en capacité de les méthaniser (les algues vertes)"
utile pour ceux qui n'auraient pas eu l'idée (forte interessante au demeurant), sans celà, de faire de la méthanisation à base des futures victimes (chevaux, chiens et autre) des algues
;)

J'habite à quelques pas de la plage de Sainte Anne La Palud, dans le Porzay, au fond de la baie de Douarnenez. A partir du mois de mai jusqu'à mi août, cette plage, comme celle de Kervel, du Ris, de Ty Anquer, de Saint-Nic est régulièrement victime d'échouages d'algues. La proposition du gouvernement pour lutter contre ce fléau va encore ménager les tenants du modèle existant. Je ne pense pas qu'ici les agriculteurs changeront de pratiques. L'esprit est toujours de montrer qu'on est « plus gros » que son voisin. C'est la mentalité dans le coin. Donc les subventions publiques seront vite empochées, ça on connait, mais compter sur la bonne volonté des producteurs de porcs, ça parait bien naïf !
Par ailleurs je suis étonnée de voir partout dans les médias (TV, radio, presse) l'unique son de cloche de des représentants locaux de la FNSEA pour exprimer les craintes des agriculteurs face à ce plan. Il y a d'autres approches de l'agriculture dans la profession que celle-là ! Enfin même si je comprends les différences géographiques, culturelles, etc. j'ai bien peur que l'argument de cibler uniquement Lannion et Saint-Brieuc serait pour mieux laisser faire ailleurs, dans les autres baies.
Tout le monde connaît les difficultés rencontrer par les agriculteurs. Mais il faudrait aussi qu'ils reconnaissent qu'ils ont été les principaux décideurs de ce qu'ils vivent aujourd'hui. Or il ne semble pas que ceux qui ont promu ce système veuillent en changer ! C'est la course folle à toujours plus de concentration, le quantitatif plutôt que le qualitatif, … Je reste pantois quand j'entends ces mêmes représentants craindre la perte d'une agriculture à taille humaine quand, dans le même temps, ils veulent faire évoluer le système de manière toujours plus gigantesque.
Il faut rendre aux agriculteurs la fierté de leur métier, leur orgueil… pas unqiuement la possession de la plus grosse machine ou la plus grosse voiture. William Cobbett écrivait en 1821 :"Si ceux qui travaillent la terre ne sont pas, de manière générale, les plus vertueux et les plus heureux de l'humanité, c'est qu'il y a dans la communauté une force qui contrarie les opérations de la nature" Ce qu'il y a de paradoxal, ici, c'est que cette force c'est peut-être eux-mêmes qui l'ont faite émerger dans nos sociétés industrielles.

Je viens de lire les 36 propositions. Pour l'essentiel comme le rappelle la presse il s'agit de recommandations. Autant dire du pipeau ! Quasiment aucune mesure contraignante ! Par ailleurs il est utilisé le terme probatoire. Là encore pour un voleur de poule il existe des mesures probatoires contraignantes, par exemple des sursis susceptibles de se transformer en prison ferme quand les obligations ne sont pas respectées. Mais c'est vrai, celui qui vole un rôti de porc doit aller en prison quand celui qui bénéficie de subventions à robinets ouverts (Europe, Etat, Région, département, chambre d'agriculture,…), qui salit tout, empeste, pollue, lui a le droit de continuer en toute impunité.
Un honte ce programme ! Il fallait obliger les agriculteurs à nourrir leurs cochons avec autre chose que du maïs ou des tourteaux de soja. Sans aller jusqu'au bio, exiger un label rouge réellement de qualité sur ces tonnes de paquet de jambon sous cellophane des supermarchés. Le consommateur peut aussi agir. Vous remarquerez au passage que l'on trouve facilement du poulet (bio ou label de qualité), idem pour l'agneau ou le boeuf, mais rien de rien concernant le cochon ! C'est bien qu'il n'y a pas de volonté de changer de modèle dans la filière porcine.

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