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  • A LA CARTE - La ville de Rennes a lancé au 1er janvier une nouvelle carte “Sortir” pour faciliter l’accès à la culture et aux loisirs au plus grand nombre. Cette carte individuelle est délivrée, après examen des ressources, par les centres communaux d’action sociale (CCAS). Elle offre des tarifs réduits à l’entrée des cinémas, des salles de spectacles ou de sports, etc. Pour une activité régulière l’aide financière peut atteindre150€ par personne et par an. La carte Sortir remplace le précédent "passeport loisirs et culture" mis en place en 2004.

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  • ISTANBUL - C’est parti pour la 21e édition du festival de cinéma de Rennes, Travelling, qui nous emmène jusqu’au 16 février sur les rives du Bosphore pour nous dévoiler les secrets de la ville d'Istanbul, capitale culturelle de l'Europe en 2010. Rétrospectives, panorama du cinéma turc, c’est l'occasion de redécouvrir de grands classiques comme les films de Omer Kavur, Nuri Bilge Ceylan ou Fatih Akin. Des avant-premières, des tables rondes et des débats avec des réalisateurs turcs sont aussi au programme. Tous les renseignements au Liberté ou sur www.travelling-festival.com
  • CE QUI VIENT - Tel sera le thème de la 2e biennale d’art contemporain organisé à Rennes du 30 avril au 18 juillet 2010 par Bruno Caron, président de l’association Art Norac et Raphaëlle Jeune qui dirige l’association Art to be. Une cinquantaine d’artistes internationaux ont été mobilisés pour une trentaine d’oeuvres qui seront principalement exposées dans le Couvent des Jacobins avant qu’il ne soit fermé pour travaux et métamorphosé en Centre des Congrès.

06/05/2009

"Pourquoi la colère universitaire dure, ou la masterisation expliquée aux citoyens"

TRIBUNE - Alors que de nombreuses universités restent perturbées par le mouvement des étudiants et des enseignants, comme l’université de Lorient ou Rennes 2, Emmanuel Buron, maître de conférences en littérature française à Rennes 2, tente de décrypter l’un des points d’achoppement majeur du conflit, la “masterisation”, et en quoi selon lui celle-ci n’est pas acceptable.


    “L'incertitude qui pèse aujourd'hui sur la tenue des examens dans de nombreuses universités occupe l'actualité, au point d'occulter les causes et les enjeux de la mobilisation sans précédent du monde universitaire. Valérie Pécresse joue cyniquement de l'inquiétude que cette situation suscite, pour dissimuler qu'elle a fait passer en force pendant les vacances plusieurs décrets contestés. Sur le front de la "mastérisation", les ministres concernés n'ont reculé que dans la mesure où ils y étaient contraints par le refus des enseignants d’élaborer et de transmettre les « maquettes », c’est-à-dire l’architecture des futures formations (quels cours les étudiants devront-ils suivre? Combien d’heures représenteront
ces cours? etc). Mais ils n'ont pas renoncé à leurs projets : le communiqué de presse de Xavier Darcos du 30 mars 2009 détaille "les conditions de mises en œuvre du processus de mastérisation […] qui sera engagé dès l'année prochaine". A quelques mesures transitoires près, l'architecture de la réforme demeure inchangée, et elle met en question l'avenir même du système éducatif, non seulement universitaire, mais aussi primaire et secondaire. Toutefois, comme la question est technique, elle peut échapper à la plupart des citoyens, et ceux-ci demeurent perplexes devant une mobilisation dont ils ne comprennent pas pleinement les raisons. Je vais donc tâcher d'expliquer en termes simples, le moins techniques possible, le projet et les dangers de la réforme. Le lecteur comprendra alors une part des raisons pour lesquelles la colère des universitaires dure.

    Pour présenter le projet de mastérisation, rappelons d'abord la différence entre un diplôme et un concours. Un diplôme certifie que l'étudiant a suivi un certain type d'enseignement et acquis un certain niveau de connaissance et de compétence. L'examen qui vérifie cette acquisition n'est pas sélectif : on peut théoriquement envisager que tous les étudiants s'y présentant soient reçus. Les deux diplômes universitaires fondamentaux sont la licence (trois années d'études après le bac) et le master (deux ans après la licence, soit cinq ans après le bac). Un concours en revanche est une épreuve de recrutement, qui donne accès à une profession. Dans le domaine de l'enseignement, le concours garantit un emploi et le statut de fonctionnaire à ceux qui l'obtiennent. Il ne s'agit donc pas tant de vérifier des connaissances que de choisir un petit nombre de candidats et d'écarter les autres. Le concours suppose que l'étudiant a déjà acquis un certain niveau de connaissance, déjà obtenu un certain diplôme. Les deux principaux concours touchés par la réforme sont celui de professeurs des écoles et le CAPES, qui donne accès à l'enseignement secondaire. Tous deux réclament une licence, après laquelle les candidats ont fait un an de préparation, à l'université et en IUFM : ces concours se passent donc au minimum quatre ans après le bac.

    Le projet de mastérisation vise à dépasser ce partage entre diplôme et concours, en intégrant ces derniers dans le cadre d'une formation de master. La préparation s'effectuerait pendant la première année de master, et le concours lui-même aurait lieu vers le début de la deuxième année (au début de la cinquième année après le bac). Ainsi, les candidats qui échouent - la majorité - ne resteraient pas sans diplôme, mais pourraient obtenir un master, qu'ils prépareraient après leur échec au concours. Le ministère proclame aussi que sa réforme va élever le niveau de recrutement des futurs enseignants. Il prétend enfin améliorer leur rémunération : actuellement, les concours se passent quatre ans après le bac, mais le niveau universitaire reconnu des candidats correspond à une licence : l'année de préparation ne bénéficie d'aucune reconnaissance professionnelle, ce qui ne serait pas le cas si elle était validée par un master.

    Ces intentions proclamées sont-elles crédibles cependant ? Dans la réforme envisagée, le concours se passerait au début de la cinquième année et non plus à la fin de la quatrième. D'une date à l'autre, il n'y a guère plus que les grandes vacances de différence. Faible élévation du niveau... Même trompe-l'œil quant à la revalorisation des carrières : rien n'interdirait au ministère de considérer, dès maintenant et sans rien changer par ailleurs, que la réussite au concours donne un niveau équivalent à une première année de master. On voit que les gains spécifiques de la réforme sont largement illusoires. Les risques, en revanche, sont bien réels.

    Le premier touche au prix de la formation. Aujourd'hui, le candidat reçu au concours ne devient enseignant que la cinquième année après son bac bien qu'il ait réussi ses épreuves un an auparavant. Dans l'intervalle, il est professeur stagiaire et effectue un tiers du temps d'enseignement d'un titulaire, les deux autres tiers étant consacrés à sa formation d’enseignant. Il se forme ainsi professionnellement pendant une année, au cours de laquelle il est déjà salarié. On voit que la mastérisation n'élève pas le niveau réel de formation des futurs enseignants, puisqu'aujourd'hui, ils n'entrent pleinement en activité que cinq ans après leur bac. En fait, les effets les plus évidents de la réforme sont de supprimer la dimension professionnelle de la formation et de priver les heureux candidats d'un an de salaire. Le ministère promet bien des stages en cinquième année, dont certains seraient récompensés d'une "gratification" (terme dédaigneux utilisé pour éviter le mot "salaire" !), mais ces promesses restent floues et incertaines. La réforme, c'est un an de vaches maigres en plus pour les étudiants.

    Le second problème est celui de la qualité des formations. Actuellement, un master correspond à la rédaction d'un mémoire de recherche d'un volume de 100 à 150 pages environ, sur un sujet inédit (sans parler d'un certain nombre de dossiers complémentaires). La réforme voudrait qu'en deux ans, un étudiant mène de front ce travail de recherche, la préparation d'un concours et l'accomplissement de stages d'enseignement. Cela n'est possible qu'au prix d'une baisse du niveau d'exigence du master et du concours, et, s'il faut faire un sacrifice, nul doute qu'il portera d'abord sur le travail de recherche, moins impératif. Contre cette curieuse manière d'élever le niveau, les enseignants-chercheurs tentent à la fois de défendre le niveau d'exigence du concours et des formations en recherche, ainsi que d'assurer aux étudiants des conditions de préparation qui ne rendraient pas toute réussite impossible.

    Le troisième problème apparaît quand on s'interroge sur le sort des candidats qui échoueront au concours, au début de leur deuxième année de master : sur quel type de master se rabattront-ils ensuite? Un master de recherche? Etrange recommandation qu'un échec au concours pour préparer en quelques mois ce diplôme exigeant qui se passe ordinairement en deux ans ! Prépareront-ils un master d'initiation aux métiers de l'éducation, dont la réforme envisage la création? Ils auront alors un diplôme d'enseignement au rabais, puisqu'ils l'auront obtenu à défaut du concours. Ils n'en seront pas moins en concurrence avec les candidats reçus. On va ainsi augmenter le nombre de candidats à l'enseignement... à l'heure où l'on réduit le nombre de postes. Les conséquences sont prévisibles : les postes mis au concours vont se raréfier puis disparaître, et la plupart des enseignants du primaire et du secondaire seront recrutés sans concours, sur la base d'un master, c'est-à-dire qu'ils perdront la garantie de l'emploi et seront précarisés. Ce n'est pas de la politique-fiction : une réforme analogue a eu lieu en Italie voici quelques années. Enseignants, élèves et parents d'élèves s'en mordent les doigts, et manifestent massivement et régulièrement contre la dégradation dramatique de leur système éducatif. Bref, la réforme conduit à ce que les étudiants paient plus cher pour devenir des enseignants moins bien formés et plus fragiles. Est-ce bien l'éducation que vous souhaitez pour vos enfants?

    Pour éviter ces risques, il faut dégager le temps de la réflexion. Nous sommes en mai, la réforme est censée s'appliquer dès septembre, dans moins de trois mois si l'on déduit les vacances, et le ministère reste sans réponse devant la plupart des problèmes techniques de mise en œuvre. Ces délais seraient déjà aberrants si tous les acteurs étaient d'accord. Ils le sont a fortiori quand la quasi-totalité du monde enseignant est réfractaire. La menace qui pèse sur la validation de l'année universitaire résulte du mépris que Valérie Pécresse et Xavier Darcos ont opposé à ces analyses, sur la table depuis des mois. Au nom d'une idéologie libérale dure, ils poursuivent la casse du service public de l'éducation, dont la formation des maîtres est une pièce fondamentale. Dans l'intérêt général, qu'ils ravalent leur orgueil, leur image politique et leurs projets électoraux dussent-ils en souffrir, qu'ils retirent enfin leurs réforme et ouvrent une vraie concertation. La formation des générations futures est tout de même plus importante que leur carrière!"

Emmanuel BURON, maître de conférences en littérature française , Rennes 2

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Commentaires

C’est du grand n’importe quoi
Aller donc expliquer la différence entre diplôme et concours aux générations sacrifiés des premières années de DEUG. Lorsque pour certaines universités les taux de réussite ne dépassent pas dix pourcent.

Aller donc expliquer la différence entre diplôme et concours aux générations sacrifiés des premières années de DEUG. Lorsque pour certaines universités les taux de réussite ne dépassent pas dix pourcent.
Je parle bien sur des étudiants qui ont la bêtise de choisir autre chose que des cours inutiles comme la littérature ancienne


"La formation des générations futures est tout de même plus importante que leur carrière!"

Oui, mais non. Malheureusement, en réalité, dans leur esprit, je ne le pense pas.
Pire : si l'éducation des jeunes se dégrade, si nos enfants seront moins bien formés à la culture et à l'esprit critique par exemple, ils seront plus facilement manipulables par la publicité et les campagnes électorales.

C'est du grand bon sens.
A diffuser et à faire lire de toute urgence par les non universitaires qui veulent comprendre ce qui se passe dans les universités et dans les écoles en général. Les enjeux de la mobilisation actuelle dans les facs sont de taille puisqu'il s'agit de sauver non seulement la formation des futurs profs du primaire et du secondaire, mais aussi le système éducatif français ! Rien moins.

Merci d'avoir pris le temps de mettre posément, noir sur blanc, cet article.

C'est aussi mon avis, j'avais envoyé quelques lignes à ce sujet : se mobiliser DÉCEMMENT contre la réforme de la formation des maîtres me semble plus juste :
Le projet de réforme : Annoncé fin mai 2008, il prévoit de "mastériser la formation enseignante". Désormais, pour être admis à un concours d'enseignement, un étudiant doit avoir un master (bac + 5). Une fois le concours réussi, l'étudiant est directement nommé enseignant et bénéficie de l'aide d'un tuteur. Le projet supprime l'année rémunérée de formation en alternance, et ne dit mot du rôle des IUFM dans la formation des futurs enseignants.
Quelle nouveauté ! Pense-t-on vraiment en haut lieu qu’un étudiant qui a un bac + 5 va aller enseigner en maternelle ou en élémentaire ? Alors c'est vrai, le bac ne vaut plus rien ?
Pourquoi "mastériser" la formation des maîtres ? Pour épargner l'argent de la formation ? Pour diminuer les chiffres du chômage ?
Comment faire entendre raison aux ministres, pourquoi l'éducation nationale est-elle si muette au niveau départemental, pourquoi ne sommes nous pas épaulés par les rectorats et les inspections académiques ? C'est toujours la même chose, "ils" ouvrent le parapluie et qui se fait tremper ?
J'en reviens toujours aux pensées de Saint Exupéry "Aimez ceux que vous commandez." et "La grandeur d'un métier est avant tout d'unir les hommes ; il n'est qu'un luxe véritable et c'est celui des relations humaines."

Ceci est valable pour les concours qui s'appuient sur une discipline, pour les CAPES qui ne s'appuient sur aucune comme pour les CPE et les Documentalistes, c'est encore plus dramatique. Il est vrai que pour faire le "pion" et "coller des étiquettes" a-t-on besoin de compétences spécifiques ?… Choses qu'oublie Emmanuel Buron : les petits nouveaux vont perdre un an d'ancienneté et personne ne parle des concours internes ?… Quid ?…

Excellent article !
Il est important que nos universitaires fassent part de leurs problèmes à l'ensemble de la population
L'éducation = Avenir de notre pays
il ne s'agit pas d'une réforme de l'UNIDIC, quand même
Merci à l'auteur de l'article

Excellent article, à la fois clair et objectif. Il faudrait qu'il puisse trouver de nombreuses autres tribunes, pour que beaucoup de citoyens, étudiants et parents, de toute tendance, aient une information honnête et comprennent les implications réelles de cette réforme, et qu'ils sachent quel avenir les attend. Non, ce n'est pas notre statut que nous défendons bec et ongles, mais bien une profession qui intéresse l'avenir du pays autant que l'avenir de l'école et de l'université.
Merci à l'auteur.

Alors, tout ça pour ça......Outre, que seul, les gens du milieu enseignant sont susceptibles de comprendre les infimes subtilités entre le recrutement prèsent et à venir. Outre que les le recrutement des enseignants ne concerne que 10% des étudiants (et encore je parle des candidats), outre que,si j'ai bien compris, l'ensemble des aspîrants doctorants devraient avoir une place réservèe dans l'Universit' Est-ce la raison nécessaire et suffisante pour faire perdre une annèe à l'ensemble des étudiants de l'université?
Foutre!!!! Excusez-moi, je relis un livre sur la Révolution et le Père Duschêne en pestant contre les conservateurs de tout poil avait foutrement raison

Et le concours interne ? Pas seulement...

Cela ne concerne pas seulement les étudiants en formation initiale. La réforme empêchera aux personnes qui travaillent de préparer le concours sur leur temps libre, comme il est actuellement possible. Il est en effet bien difficile de suivre une formation en présentiel lorsqu'on travaille et que l'on a quitté l'université depuis quelque temps. La réforme exclut donc la possibilité de reconversion professionnelle "en sous-marin" ? Serons-nous obligés de démissionner de nos emplois pour préparer ces concours ?

Comme dit l'autre tout ca pour ca !!
Et quel est l'interet du gouvernement dans tout ca. Car qd meme ce fut un sacre bordel et un risque electoral. De plus je ne crois pas aux mechants de drpoite qui veulent tout casser. Donc pouvez vous me donner d'autres idees svp ?

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