Tout le monde dans le même défilé pour une très forte mobilisation
SOCIAL - Jeunes, vieux, bébés en poussettes, étudiants masqués, fonctionnaires, handicapés, retraités, employé en costume cravatte, avoués de justice en robe, maçon solitaire à "1500 € brut par mois", architectes, ouvriers... C'est une foule bigarrée de plusieurs milliers de personnes (entre 14000 et 35 000 selon les sources) qui a de nouveau manifesté dans les rues de Rennes pour réclamer de meilleurs salaires, moins de précarité, défendre leur emploi ou simplement crier son “ras le bol général”.
“On n’est pas les plus malheureux, confie un salarié d’une plate-forme
de stockage pour la grande distribution. Mais chez nous aussi, on a
beaucoup trop recours aux intérimaires et les salaires atteignent à
peine 9€ brut de l’heure”.
Des représentants du collectif “ni pauvres, ni soumis”, qui regroupe
des associatons d’aides aux handicapés et aux malades, se sont
regroupés derrière des pancartes réclamant “un revenu décent
maintenant”.
“Le seuil de pauvreté est à 880€ par mois et l’allocation adulte
handicapé n’est qu’à 652€”, dénonce Pierre-Olivier Leclanche, président
d’Aides Bretagne, qui fustige également les franchises médicales qui
obligent les plus pauvres et les malades chroniques à payer 50 centimes
par boîte de médicament.
Plusieurs délégations d’entreprises privées, comme Peugeot-Citroën, la
Barre-Thomas, Véolia, Motorola,
Thomson, se sont jointes à la foule,
manifestement plus importante que celle du 29 janvier dernier.
“Notre entreprise fait énormément de bénéfices, ce qui ne l’empêche de
laisser des gens avec quinze ans d’ancienneté au smic. Ce qu’on veut
c’est une meilleure redistribution et une meilleure reconnaissance
pécunière de notre travail”, martèlent Michel et Antonio, salariés
d’Oberthur Technologies qui emploie 450 personnes à Rennes.
En marge du défilé, certains n’ont pas perdu le sens du commerce et
vendent en sandwiches “le jambon de la colère” ou “les rillettes de la
révolte”. “Chose promise, chômdu”, raille une pancarte, entre deux slogans hostiles à Nicolas Sarkozy. Un groupe
d’avoués de justice en t.shirts blancs papillonne entre deux bouts de
cortège.
“On n’est pas victime de la crise, mais on va être exterminés par les
réformes de Rachida Dati aux premier janvier 2010 et sans plan social”,
s’indigne Pascale, qui rappelle que les dossiers d’affaires civiles en
appel, jusqu’alors confiées aux avoués seront en effet à partir de
cette date à la charge des seuls avocats. “Il paraît qu’on ne sert à rien
mais au moins on avait des rémunérations réglementées qui offraient des
garanties aux justiciables”, précise Pascale.
Un groupe d’animateurs socio-culturels défend de son côté l’accès aux
loisirs, à la culture et à l’éducation populaire et citoyenne pour tous.
“On supprime des postes, nos emplois sont de plus en plus précarisés,
malgré nos responsabilités, les salaires sont très bas, mais on n’est
pas des guignols, s’emportent Cécile et Alexia. Notre travail est tout
à fait complémentaire de celui de l’éducation nationale. On travaille
beaucoup sur les temps libres de jeunes qui, sans nous, sont livrés à
eux-mêmes”.
Dans le cortège, où l’on croise encore une postière déguisée en bonne
soeur (?!), des clowns qui énumèrent les noms des ministres ou des
retraités qui réclament 300€ d’augmentation par mois pour tous, toutes sortes de slogans fleurissent comme celui-ci: "la crise ils l’ont
provoqué, aux patrons de la payer”. Les employés d’une agence
d’architectes montrent en tout cas à quel point cette crise est profonde et
risque d’être durable.
“Les projets dans l’immobilier sont bloqués ou retardés, explique
Pierre-Yves. On n’a plus de travail. Pour survivre il faudrait que
les banques nous prêtent de l’argent, ce qu’elles ne veulent pas faire.
Les artisans du bâtiment ont encore des carnets de commandes jusqu’à la
fin de l’année mais ça risque de s’arrêter au delà. De même les
difficultés des collectivités ont retardé ou supprimé des
investissements dans des édifices publics, ce qui touche également tout
le secteur du bâtiment”.
En Breatagne, les manifestations ont également rassemblé des milliers de manifestants à Brest, Quimper, Lorient, Vannes ou encore le principales villes des Côtes d'Armor.
Pierre-Henri ALLAIN
(Photos: Therez Boulbat)


Je suis fière, fière d'être Rennaise: Mixité dans la rue, slogans variés mais tellement vrais, révoltés nous sommes, dégoutés, blasés mais motivés et acharnés nous serons!!!
C'est ensemble que nous bougerons la France et que nous enlèverons, à l'"aristocratie" sarkozyste, toute ces croyances qui sentent le rance!!!!!
Mobilisons et organisons-nous!!!!!!!!!!
Rédigé par : Cécile | 20/03/2009 à 09:31