Nouveaux affrontements à Brest entre forces de l’ordre et lycéens
SOCIETE - Un groupe de deux à trois cents lycéens ont de nouveau défilé mercredi matin dans les rues de Brest et ont tenté de pénétrer dans un groupe scolaire avant de se confronter aux gendarmes mobiles qui ont lancé des grenades lacrymogènes en réponse à des jets de pierre. Le groupe s’est ensuite dirigé vers un autre établissement en dégradant plusieurs voitures sur leur passage. C’est le troisième jour consécutif que la ville de Brest est le théâtre de violences et de dégradations de la part de jeunes qui circulent dans la ville sans mot d’ordre ou slogan particuliers.
Lundi, le proviseur du lycée de l’Iroise a été frappé en voulant
protéger des élèves alors que 150 à 200 jeunes tentaient de pénétrer
dans son établissement. Mardi, plusieurs vitrines de magasins ont volé en éclats et
des abribus du centre-ville ont été brisés. Quatre jeunes dont un
majeur ont été interpellés. Le lycée Anne-Marie Javouhey a également
été pris pour cible et une vingtaine de vitres ont été brisées par des
jets de pierres.
“On essaie de comprendre, mais j’ignore pourquoi ils manifestent,
témoigne Paul Merdy, directeur du lycée Javouhey. Il y a dans ce groupe
des lycéens mais aussi des jeunes plus âgés, d’une vingtaine d’années.
Ils semblent complètement inorganisés, ils se déplacent dans la ville
et ils cassent, sans aucun slogan. C’était déjà un peu la même chose
il y a un an lors des manifestations contre le bac professionnel en
trois ans”.
Il semble toutefois que cette fois, la détermination des “casseurs” soit montée d’un cran.
“C’est comme si on était arrivé directement au niveau de violences
atteint progressivement il y a un an, remarque Jean-Yves Guenganp,
proviseur du Lycée de l’Iroise. Les tabous ont sautés. On s’attaque aux
établissements pour casser, on cherche l’affrontement direct aux forces
de l’ordre et on n’hésite pas à frapper les personnes qui tentent de
s’interposer. On a à faire à des comportements de guérilla
urbaine”.
Selon le proviseur, parmi ce groupe de 200 jeunes très mobiles qui se
déplacent depuis trois jours d’un lycée à un autre à Brest animés par
“la même volonté de casser”, il y aurait un noyau dur de 25 personnes
“très déterminées”. Depuis plusieurs jours, les lycéens sont également
bombardés de textos et de courriels qui les invitent à rejoindre ce
groupe ou qui font courrir de fausses rumeurs sur la fermeture de tel ou tel
établissement.
“Il y a deux courants, souligne Jean-Yves Guengant, avec d’un côté ce
groupe de casseurs qui se contente de hurler et se déplace très vite, et
de l’aute des lycéens qui réfléchissent, sont structurés et cherchent à
manifester pacifiquement”.
Ce second groupe a d’ailleurs également manifesté mercredi midi à
Brest avec des enseignants pour protester contre les réformes de l'éducation de Xavier
Darcos.
A Rennes, dans la matinée, environ 2000 lycéens se sont aussi
rassemblés dans le centre-ville avec des mots d’ordre bien identifiés.
Sous des banderoles proclamant "non aux réformes bidons", les
manifestants ont ainsi défilé aux cris de "Darcos, t'es foutu, la
jeunesse est dans la rue".
"Ils veulent passer de 35 heures par semaine en moyenne de cours à
27 heures environ, c'est inacceptable, on a déjà du mal à finir le
programme, on demande le retrait de toute la réforme Darcos", a déclaré
Romain Pinsard, un lycéen rennais.
Pierre-Henri ALLAIN (avec AFP)


Même chose à Saint-Nazaire où se développent depuis une semaine deux mouvements parallèles, l'un constitués d'élèves plus où moins révoltés contre la réforme bidon proposée par Darcos pour exister (et qui ne répond à aucuns des problèmes rencontrés par les élèves), l'autre beaucoup plus violent qui s'en prend à toutes formes d'institutions et également au premier groupe de jeunes.
Les incendiaires qui nous gouvernent semblent s'amuser à jouer avec des matières extrêmement inflammables actuellement.
Je crains que le caractère répressif de la société de Sarkozy ne trouve encore ici matières à se justifier et s'amplifier...
Rédigé par : Fred | 10/12/2008 à 14:22
Méfions nous la situation en France pourrait devenir explosive: chomage en pleine augementation,avenir bouché pour les jeunes,augentation de la précarité et face à cette situation un Gouvernement qui lance des réformes mal préparées pas concertées quitte à faire marche arriére et à une Gauche plus préoccupée par ses querelles internes que par la situation du pays
Ce qui se passe en Gréce pourrait faire tache d'huile et toute l'Europe serait en proie aux désordres.
Rédigé par : Georges Nigremont | 10/12/2008 à 14:53
Si ça tourne comme ça c'est uniquement car manifester pacifiquement ne mène à rien, regarder l'an dernier.. A force de se foutre de nous ça mène à devoir être violent pour se faire entendre et c'est quelque peu compréhensible. Seul la violence est comprise dans ce monde.
Avec un meilleur gouvernement ça n'arriverait pas!
Il faut juste espérer qu'une gaffe ne se produise pas comme en Grèce, sinon ça serait vraiment le désastre.
Un Lycéen pacifique mais en colère ..!
Rédigé par : Lycéen | 10/12/2008 à 15:04
Et revoilà la mouvance "anarcho-autonome"... ultra rapide, car à la fois en Grèce et en Bretagne, passant du sabotage ferroviaire à la guérilla urbaine...
Peut-être que des gens en ont simplement marre de ce qui se passe !
Rédigé par : Gael | 10/12/2008 à 15:46
C'est drôle, les affrontements entre la police et les jeunes sont révélateurs de l'angoisse populaire, de la misère sociale, du refus des inégalités... en Grèce. En France ce ne sont que des casseurs sans mot d'ordre. Pourquoi cette différence dans le traitement médiatique du même phénomène ?
Rédigé par : louise | 10/12/2008 à 16:17
@louise
Il ne s'agit pas d'une différence de traitement médiatique mais d'une différence d'attitude: les individus qui n'hésitent pas à balancer des pierres sur des salles de classe ou à s'en prendre à des élèves qui ne veulent pas les suivre ne tiennent simplement aucun discours, n'ont aucune revendication à défendre et ne manifestent finalement aucune autre motivation que celui de la casse pour la casse qui devient un but en soi. Il faut évidemment s'interroger sur les raisons de cette violence mais aussi se méfier des rapprochements un peu rapides avec ce qui se passe en Grèce à une échelle et dans un contexte complètement différents.
Rédigé par : pha | 10/12/2008 à 17:06
Heureusement que les lycéens sont la pour mettre le feux aux poudres...
Car ce gouvernement va trop loin !!!
On attend les syndicats maintenant et peut etre le PS...Mais avec Aubry au commande
ca craint un peu !!!Elle est si éloigné des gens que je me demande pourquoi elle est revenu...C'est un mystere pour moi.
Rédigé par : thierry | 10/12/2008 à 17:36
Toujours à propos de mani, je lis en face de l'article:
"TEUF TEUF - Entre 2000 et 2500 teufeurs ont défillé samedi à rennes pour revendiquer le “droit à la fête” et réclamer “l’arrêt de la répression” contre les rave-parties"
Et le droit à la c......ie?
La Bretagne a bien changé, et pas forcément en bien à voir les nouveaux bretons!
Rédigé par : brez29 | 10/12/2008 à 17:56
Oui, enfin... La situation sociale, économique et politique de la Bretagne où plus exactement de la ville de Brest, justifie t-elle cette violence ? J'en doute... Luttons là où il y a réellement besoin de lutter.
Rédigé par : lester | 10/12/2008 à 17:58
En tant qu'ancien brestois, je m'interroge sur les moeurs subitement sauvage de notre jeunesse finisterienne : ne faudrait il pas y voir une action des Chances pour la France?
Rédigé par : Badinter | 10/12/2008 à 18:03
@Georges Nigremont qui dit "Ce qui se passe en Gréce pourrait faire tache d'huile et toute l'Europe serait en proie aux désordres." Vous en rêvez.
Rédigé par : BOB | 10/12/2008 à 18:19
Il n y a pas qu a rennes que ca bouge, a bayonne 2000 lyceens et etudiants de l iut bloquent les lycees depuis vendredi, le mouvememt prend de l ampleur, peu de violence mais une volonte de se faire entendre
lire le Journal du Pays basque
www.lejpb.com
Rédigé par : anto68 | 10/12/2008 à 18:42
Ca me fait penser à tous mes camarades de classe qui en 86 ont défilé contre la réforme Devaquet.
Vingt ans après, on a vu passer au moins 5 fois les mêmes pancartes, avec les mêms slogans et les mêmes méthodes, quelque soit le sujt ou le ministre.
Vingt ans après, quand je revois mes potes de lycée, on est tous d'accord que cette réforme aurait évité à pas mal d'entre nous de perdre entre 1 et 3 ans de fac, voire d'échouer tout simplement.
Pourquoi n'y a-t-il toujours personne pour faire comprendre à un individu de 16 ans qu'il n'a pas les moyens (connaissances, expérience, recul) pour savoir ce qui est bon pour son avenir) ?
Pourquoi abandonne-t-on toujours la cour du lycée à ces éternels groupuscules paléolitco-maxistes toujours près à manipuler le goût de la contestation propre à l'adolescence ?
Rédigé par : Eternelles manifestations, éternelles manipulations | 10/12/2008 à 19:50
Effectivement, les jeunes ne font pas semblants ici sur Brest. L'année dernière idem...Mais c'est pour la bonne cause. Seul bémol : on va avoir froid aux arrêts de bus cet hiver...
Rédigé par : Steff | 10/12/2008 à 20:34
eh oui il est l'heure de se reveiller de se bouger car la france ira de plus en plus mal avec se gouvernement totalitaire qui ne pense qu'aux profits et a obéire a toutes c'est multinationnale...ils ne pense qu'au fric et au pouvoir supreme!il est temp de réagir vite et maitenant avant de foncer droit dans le mur(crise écologgique;chomage;répression...)luttons ensemble dans la rue!viva la revolution
Rédigé par : fabe | 11/12/2008 à 18:51
Comment s'étonner que la contestation dégénère? Depuis l'éléction de Sarko 1er, le cynisme règne. Chaque nouvelle mesure de ce gouvernement est un coin de plus enfoncé dans les acquis de notre Société. Tout tend vers l'ultra-libéralisme (bien plus dangereux et réel que "l'ultra-gauche")et le démantèlement des services publics. On cherche à transformer le Peuple en un troupeau sans pouvoir de réflection, de la réforme de l'éducation au contrôle des médias. Plus le temps passe, plus ceux qui aspirent à une Société plus juste sont désabusés, et en arrivent à la conclusion que le changement ne se fera pas dans la douceur et par les urnes. A des attaques violentes de nos conditions de vie, une réponse violente semblela seule alternative. Effectivement, comme en Grèce, la contestation va certainement dégénérer.
Qui sème la misère récolte la colère
Rédigé par : glloq | 12/12/2008 à 08:42