Le théâtre du Pays de Morlaix menacé de fermeture
CULTURE - Le théâtre de Morlaix va t-il fermer ses portes l’an prochain? C’est la lourde menace qui pèse sur cette structure de quatre salariés qui niche dans un joli théâtre à l'italienne, depuis que la municipalité a décidé d’amputer sa subvention annuelle de près de 40% - soit 200 000€ - pour 2009 (1).
(complèté avec les déclarations d'Agnès Le Brun, maire de Morlaix)
“Non seulement la ville de Morlaix est notre principal partenaire financier mais sa décision pourrait entraîner un désengagement des autres partenaires comme l’Etat et la Région, s’alarme René Peilloux, directeur du théâtre. Avec un budget autant réduit on peut seulement assurer une programmation jusqu’au 31 mai 2009. Au delà, ce ne sera plus possible”.
Ni le bilan artistique, ni le bilan économique ne sont en cause. Lors d’une réunion en juin dernier pour la reconduction de la convention entre ses différents partenaires sur 2009-2011, la DRAC (2) s’est elle-même félicitée des résultats du théâtre de Morlaix qui, ces dernières années, a augmenté régulièrement la part de ses recettes propres et le nombre de ses spectateurs (respectivement 20% du budget et 15 000 entrées payantes en 2007). Face a un endettement record pour une ville d'à peine 16 000 habitants et une situation financière qualifiée de "dramatique”, la maire divers droite de Morlaix Agnès Le Brun, élue au printemps dernier, s'est simplement résolue à faire des économies tous azimuts.
"Nous n'avions pas le choix, explique t-elle. La dette annuelle de Morlaix est de 38% supérieure à la moyenne régionale. Nous avons été contraints de faire des économies sur tous les postes. Les travaux de voirie sont gelés, la masse salariale a été réduitte avec notamment le non-renouvellement des postes de directeur de cabinet et de directeur de la communication, mais nous avons du aussi augmenter les impôts locaux de 7%".
Chômage, précarité, nul doute que le situation économique de Morlaix n’est guère de nature en outre à améliorer les choses. Fallait-il pour autant tailler aussi sévèrement dans le budget culture qui s’est vu enlever 310 000€ au total, affectant d’autres structures commes le Fourneau et ses arts de la rue?
“C’est un choix politique, estime René Peilloux. Lors de la campagne des municipales, le théâtre était déjà en ligne de mire. Pour la municipalité actuelle, la culture est un luxe et en cas de difficultés, c’est elle qui est touchée en premier. C’est choquant, la culture ce n’est pas un truc en plume pour faire joli, ça fait partie de la vie et c’est tout un travail qui est remis en cause”.
Une vision des choses que conteste vigoureusement Agnès Le Brun qui dénonce la "caricature dogmatique et sidérante" selon laquelle un maire de droite ne s'intéresserait pas à la culture.
"Notre décision avait aussi pour vocation de provoquer une réflexion sur la répartition des financements pour une scène conventionnée comme le théâtre de Morlaix qui a une vocation communautaire, souligne t-elle. Est-il normal que la ville en supporte la plus grosse part alors que 63% du public qui va au théâtre n'est pas morlaisien?"
Le coup de massue n’en a pas moins été ressenti de manière d’autant plus brutale que ce théâtre à l’italienne de 400 places revenait tout juste d’une longue période d’absence (de 1996 à 2003) où 5 millions d’euros ont été consacrés à sa restauration. S’il devait disparaître, à l’instar des tribunaux, qui pourraient rejoindre Brest, il ne resterait en tout cas bientôt plus grand chose à Morlaix. René Peilloux garde cependant espoir et Agnès Le Brun est en l’occurence sur la même longueur d’ondes.
“Le théâtre ne va pas fermer, assure t-elle. Il y a encore plusieurs pistes de travail et je me battrai pour trouver des financements”.
En attendant, le spectacle des Précieuses Ridicules, programmé le 31 décembre, affiche complet.
Pierre-Henri ALLAIN
(1) La subvention a chuté de 540 000 € en 2008 à 340 000 € pour 2009 tandis que, dans le même temps, le loyer payé par le théâtre à la ville est de 224 000 €.
(2) Direction régionale des affaires culturelles.


15000 entrées seulement et le contribuable qui subventionne à outrance : monsieur Peilloux peut-il communiquer aussi efficacement sur la masse salariale à commencer par son salire et les avantages afférents à sa fonction ? Ces directeurs de gauche usent des mêmes arguties depuis plus de quinze ans, qu' ils se renouvellent !
Rédigé par : neptune | 30/12/2008 à 12:23
Si le personnage est peu ragoûtant et a un comportement plus que discutable , il n'en reste pas moins que sa programmation est sur la région une bouffée culturelle indéniable. Il faut voir au-delà du personnage et se dire que ce merveilleux outil de culture qu'est le théâtre de Morlaix va mourir comme Agnès le Brun est en train de faire mourir la ville en tentant soi-disant de faire des économies. la culture est un moyen d'éducation et de libération ne l'oublions pas.
Rédigé par : sylvia | 30/12/2008 à 15:18
rien de nouveau. qui se souvient du fameux slogan "quand j'entends le mot culture, je sors mon RPR". ?
rien qu'à voir le reflexe pavlovien de Neptune ("directeurs de gauche", qui est donc censé être une insulte...), c'est peu de dire que la ligne de fracture n'a pas bougé d'un millimètre.
Rédigé par : joel | 30/12/2008 à 15:18
Morlaix, c'était déjà bien assez mort, cette ville n'avait pas besoin de ça.
Rédigé par : Shyboy | 31/12/2008 à 10:59
La maire explique que "Notre décision [amputer le budget de 40 % ! ] avait aussi pour vocation de provoquer une réflexion (sic) sur la répartition des financements". Si il faut supprimer des sommes énormes pour provoquer une "réflexion", où va-t-on. On voit bien ici le caractère mensonger du discours du maire. En plus, un maire honnête aurait baissé de 5% peut-être, mais pas 40 % ! C'est manifester une bien piètre connaissance des réalités d'une entreprise en générale, culturelle en particulier. On voit la médiocrité du niveau des réflexions du milieu politique dans ce pays. Sont-elles à la hauteur des enjeux de l'époque ? On peut en douter, hélas. Pour affirmer que 15.000 entrées "seulement" (SIC) sur une année pour une ville de... 16.000 habitants c'est peu, il faut vraiment être très fatigué mentalement...
Rédigé par : fabien | 31/12/2008 à 16:50
C'était trop beau pour être vrai! On a du rêver! Il y avait à Morlaix un théâtre et une programmation qui était digne d'une vraie scène nationale. Il y avait de l'ambition de l'intelligence et....aussi de la folie.J'étais fière d'habiter cette ville dont la vie culturelle était riche et reconnue. J'avais envie de croire que les élus œuvraient pour une éducation populaire. Un prof de français est devenue maire....contre toute attente, elle a pensé que cela n'était pas nécessaire et trop dispendieux . Sans doute valait-il mieux augmenter son propre salaire et renouveler le parc automobile communale. Me voilà bête tout à coup moi aussi....Tant pis! Sans doute , Monsieur le Directeur n'avez vous pas été toujours ni délicat, ni très sociable avec votre public ce qu'il aurait fallut être; peut-être auriez vous dû vous impliquer davantage dans la vie sociale de cette petite commune? Peut-être auriez vous dû avoir dans la gestion de votre programmation une vue plus globale des actions menées par les associations culturelles diverses (ne pouviez vous pas vous associer en les soutenant par le biais d'artistes invités au parcours des écoles de danses, de musique , de théâtre amateur et cela de façon concertée?) Bien sûr me direz vous je fais parti des "yaka". Je ne crois pas. Dès le départ les missions de ce théâtre ont été mal définies. Il n'y a pas eu un véritable projet culturel adapté à cette ville et je crois malheureusement que le fruit de ces maladresses nous l'avons aujourd'hui
Rédigé par : evelyne | 31/12/2008 à 18:05
Le 4 avril 2007, le candidat Sarkozy s’exprimait sur la culture : «Je veux que la culture soit faite pour le peuple.» Lénine ? Non, Sarkozy. Une fois devenu hyperprésident, Nicolas Sarkozy envoyait le 1er août une «Lettre de mission» à Christine Albanel, ministre de la Culture. Où il développait ses «priorités» (défense de la diversité culturelle, valorisation du patrimoine…) mais en les augmentant d’un diagnostic asséné comme une évidence : «L’échec de la démocratisation culturelle. Financée par l’argent de tous, elle ne bénéficie qu’à un tout petit nombre.«La démocratisation culturelle, c’est veiller à ce que les aides publiques favorisent une offre répondant aux attentes du public.» Notre nouveau maire de droite se prend elle pour Albanel? Là voilà qui applique à la lettre les directives de son idole.Privilégier la demande (du peuple) plutôt que l’offre (des créateurs), obligation de résultats, menaces d’un contrôle et de sanctions via l’audimat des publics que, dès lors, il aurait été plus franc d’appeler des clients. La grenade des «lois du marché» était jetée dans le jardin de la culture
Ce qui nous attend à Morlaix? Le clientélisme, voire le populisme régionaliste. Dans une période de restrictions budgétaires, on voit mal comment ce défaut ne pourrait pas dégénérer : soutien prioritaire à la culture spectaculaire et aux «amis», l’un n’excluant pas l’autre. Verra t-on au nom du principe de rentabilité économique appliqué à la culture, tel responsable de théâtre subventionné, tel responsable de musée, soumettre sa programmation aux élus locaux ? Dans certaines régions, ce cauchemar est déjà d’actualité.
Rédigé par : Simon | 02/01/2009 à 12:31
Le paradoxe!
En fait tout le monde est d'une certaine façon d'accord avec Mme la Maire, Agnès Lebrun : Ce théâtre doit relever de la communauté d'agglomération Morlaix Communauté et non de la ville de Morlaix. L'équipe socialiste précédente de Michel Le Goff n'a cessé de se battre pour cela, hélas sans succès à cause de l'obstination d'Yvon HERVÉ, président de Morlaix Communauté! Il demeure que la méthode d'Agnès Lebrun est détestable et que la réduction de 200.000 euros est excessive!
Par ailleurs, si, comme on peut l'espérer, le théâtre est repris par Morlaix Communauté après une négociation sur la reprise de la compétence "culture", sans cadeau particulier à la municipalité de Morlaix, il ne faudrait pas qu'on prétende imposer une programmation soit disant populaire sans qualité culturelle. René Peilloux nous a jusqu'ici offert de très bonnes programmations, extrêmement variées, et pour avoir durant cinq ans assisté à plus de trente spectacles je suis un spectateur satisfait!
Le commentaire de Neptune me paraît indigne et ne correspond en rien au problème tel qu'il se pose.
Rédigé par : Pipe | 02/01/2009 à 16:39