Les Bretons appelés à la modération sur leur consommation d’énergie
ECO-TERRE - Région particulièrement fragile pour son alimentation électrique (elle produit seulement 7% de son électricité), la Bretagne a été choisie pour expérimenter une opération inédite de maîtrise de l’énergie. Il s’agit d’un site internet interactif (www.ouest-ecowatt.com) avec lequel le gestionnaire du réseau de transport de l’électricité (RTE) se propose, en cas de pics de consommation, d’alerter tous les internautes volontaires pour accomplir différents gestes d’économie (éteindre les lampes inutiles, éviter de faire fonctionner un lave-linge en soirée, période de forte consommation, limiter les appareils en veille, etc.).
“Il y a un décalage important en Bretagne entre la capacité de
production d’électricité et la consommation, insiste Dominique
Maillard, président de RTE. Cette dépendance structurelle très forte
entraîne une plus grande vulnérabilité de l’approvisionnement. C’est
pourquoi tout ce qui peut contribuer à réduire les pointes de
consommation est le bienvenu, à la fois pour la sécurité du réseau et
pour le consommateur qui peut ainsi réduire sa facture”.
Très concrètement, à partir de ce site spécial et par e.mail, sms ou
flux RSS, RTE se propose d’envoyer des messages d’alertes - un peu à la
manière de prévisions de trafic automobile - la veille pour le
lendemain, aux éco-internautes qui se seront inscrits dans la démarche.
A eux ensuite d’avoir l’attitude éco-citoyenne adéquate. Bien que
beaucoup des gestes demandés relèvent du bon sens et devraient être
accomplis 365 jours par an, RTE précise que le nombre d’alertes ne
devraient pas dépasser une dizaine par an. Entre novembre et mars, pour
éviter des situations limites aux deux moments de la journée où
l’électricité se consomme le plus: aux alentours de midi et entre 17h
et 20h.
“Nous avons eu des craintes sérieuses en matière d’alimentation
électrique au cours des deux derniers hivers”, souligne Jean Daubigny,
préfet de région.
Selon RTE, la Bretagne, où la demande augmente sensiblement plus vite
que la moyenne nationale, devrait connaître encore deux à trois hivers
de situations particulièrement tendues. Le temps d’améliorer le réseau
d’acheminement électrique en Bretagne-Sud (2010) et de réaliser une
centrale thermique à Saint-Brieuc pour sa partie nord (2011). En
attendant, RTE a calculé qu’avec 100 000 foyers inscrits à Ecowatt, la région, aujourd'hui alimentée localement par la centrale de Cordemais, le barrage de la Rance, les turbines de Dirinon et Brennilis et une cinquantaine de sites d'éoliennes, pourrait économiser 2,5% d’énergie. Quant à l’utilisateur
prêtant une attention quotidienne à sa consommation, son économie pourrait être comprise “entre 448 et 885 euros par
an”. Sans compter tout le bénéfice pour la planète et la réduction d'émissions de CO2.
Pierre-Henri ALLAIN


Bizarre, cette demande de baisser nos pics de consommation. Pourquoi ne pas baisser notre conso tout court? Là serait le véritable changement (je renvoie vers le scénario Négawatt : sobriété, notamment des bâtiments + efficacité énergétique des appareils = possibilité de passer au tout-renouvelable pour la production électrique) (http://www.negawatt.org/).
Les pics de conso, c’est ce que les centrales nucléaires ne peuvent assurer, elles qui sont condamnées à une production toujours identique. Les pics de conso, c’est donc ce qui oblige à recourir, dans le pays le plus nucléarisé du monde, à des centrales thermiques pour les compenser. D’un côté, le risque d’accident et les déchets intraitables, de l’autre, la pollution au CO2. C’est sûr que ça fait pas joli-joli au pays du Grenelle enchanté : si au moins on pouvait réduire le CO2, on aurait meilleure allure.
Sauf que ça ne réglerait pas le problème. Ce dont on a besoin, c’est de pouvoir se passer et de l’atome et du pétrole-charbon. C’est possible, mais ça n’est pas la direction prise avec le projet de centrale thermique à Saint-Brieuc, qui est une honte.
Rédigé par : Karkaf | 12/11/2008 à 17:43
La Bretagne a un énorme potentiel de production à partir du méthane pouvant ètre récupérer des effluents d'élevages agricoles. Une gestion approprié de cette ressource locale suffirait très largement aux heures de pointe. De plus elle augmenterait fortement la sécurité d'approvisionnement local; en cas de crise.
L'éolien n'étant pas aussi simple à gérer, il convient quand mème de ne pas le sous-estimer dans l'une des régions à fort potentiel. Le retard français n'est pas un fantasme du siècle dernier. Autour de Brennilis, c'est plutot venteux et les kékés ne se plaignent pas des pales d'éoliennes...
Un cable sous-marin entre Flamanville et Paimpol ne serait pas non plus à éterniser au fond d'un tiroir... Encore faut-il vouloir passer commande chez Nexans et quand on attend trop longtemps, le prix du cuivre vous renvoie à la case départ...
Rédigé par : Tera Ouatte | 12/11/2008 à 21:04
Alors promis. Les guirlandes à la con pour Noël, c'est fini cette année ?
Le problème de la Bretagne, c'est que l'acculturation a conduit à accepter plus rapidement qu'ailleurs ce que la France et ses grands penseurs "rationalistes" ont pu inventer de pire.
Rédigé par : St Nicolas | 14/11/2008 à 22:50
Bizarre, je suis allé sur le site ouest-ecowatt. Je trouve les consignes de baisser la température dans les pièces de la maison et de ne pas prendre un bain. Comme si tout le monde chauffait électrique. Pas étonnant qu'en période froide la consommation explose.
Analysant le rendement d'un chauffage électrique (valeur calorifique de ce que "brûle" la centrale et chaleur disponible à la maison) on constate que c'est du loin le plus bas, pire que bois, fioul gas etc. Faudrait peut-être au moins pour les maisons neuves fortement décourager le chauffage électrique.
Rédigé par : knud | 15/11/2008 à 09:56
Pourquoi nos compteur ne sont pas programmé pour une tarification spécial pendant les heures de pointe???
Le geste citoyen serait plus facile à mettre en place e, étant directement intéressé financièrement...
Rédigé par : breton | 18/11/2008 à 08:49
Le matraquage pré-hivernal commence.
Aujourd'hui c'est vous, Libé: vous devriez mettre vos fins limiers sur quelques sites fiables produisant des chiffres fiables(Commissariat à l'énergie par exemple).
Faut-il rappeler une fois de plus que - quand il est dit -"la Bretagne ne produit que 7% (II y a un an, c'était 5!)il s'agit de l'électricité qu'elle consomme":Il ne s'agit que de la Bretagne-croupion à 4 départements, sans la Loire-Atlantique, en particulier la Basse-Loire (Et Cordemais?).
Le lien interne http://www.ouest-ecowatt.com/ est assez curieux: il s'agit de l'"Ouest" ou de la Bretagne ?
Le reste est certes bourré de bonnes intentions, mais:
1- II faudrait pouvoir ajouter la Loire-Atlantique, partie prenante de la Bretagne, pour avoir un ratio production/consommation qu'il serait intéressant de comparer à ceux d'autres "régions".
2- Et sur ces régions, l'Ile-de-France qui ne produit rien, elle, et consomme 4,5 Mtep (Mégatonne équivalent pétrole) d'électricité pourrait faire preuve d'imagination: une mégaéolienne au sommet de la Tout Eiffel ou qqs hydroliennes dans la Seine, en amont ou aval de Paris-Plages, bien entendu. Ne prenons pas de risques inutiles.
En quelques années de réflexions et de réalisation ces franciliens-là arriveraient bien à 0,2 % de leur production !
Pendant ce temps, la Bretagne, au moins, cherche et innove...
Jakez Castrec, militant de l'UDB, Union démocratique bretonne.
Rédigé par : Jakez CASTREC | 18/11/2008 à 20:50