Une campagne pour faire la fête sans se casser complètement la tête
SOCIETE - Après une première campagne à l’ironie assez radicale où l’on voyait par exemple une auto explosée contre un arbre avec cette mention “L’alcool vous rapproche de la nature”, la ville de Rennes, en partenariat avec la préfecture d’Ille et Vilaine, dévoile aujourd’hui la face cachée d’une seconde campagne en noir et blanc contre les méfaits de l’alcool. Les rennais vont pouvoir découvrir la signification des incontournables images frappées des mots “mort de peur”, “coma”, “abusée” ou “étendu” qui se sont affichées de manière assez énigmatique et depuis plusieurs semaines sur les murs de la ville et divers autres supports. Chaque expression trouvant son pendant dans un usage plus convivial et aux conséquences moins violentes de la boisson comme “mort de rire” pour “mort de peur”, “fiesta” pour “coma” ou encore “désirée” pour “abusée”.
“On a voulu dans un premier temps provoquer un débat, des
interrogations, explique Yves Préault, adjoint
à la communication de la ville de Rennes, pour ensuite pointer la
limite au delà de laquelle la consommation d’alcool devient un problème. Mais toutes nos actions en ce sens, qu’il s’agisse des soirées
Dazibao sans alcool ou de la semaine des quatre jeudis s’inscrivent
dans la durée. On n’est pas dans une démarche prohibitioniste ou
moralisatrice, ça ne marche pas, on essaye plutôt de responsabiliser
les gens en espérant modestement modifier les comportements”.
Pour lever le voile sur cette seconde campagne, la ville de Rennes n’a
pas choisi sa date par hasard, craignant à deux jours d’une fête de la
musique qui tombe un samedi et coïncide avec la fin des épreuves du
baccalauréat les pires débordements.
“La fête de la musique est un peu la bacchanale du Moyen-âge où tout le
monde se lâche, souligne Yves Préault. Nous, on essaie simplement de
dire aux gens, OK, amusez-vous, buvez un coup, mais ne passez pas de
l’autre côté de la barrière”.
Mais si la ville de Rennes s’est lancée dans de telles campagnes, à l’audace assez inédite et déjà récompensée de plusieurs prix,
c’est qu’elle connaît bien aussi, comme beaucoup d’autres villes
universitaires, le phénomène d’alcoolisation sans limites importé des pays anglo-saxons sous l’appellation de “binge
drinking” ou "biture express", qui frappe depuis quelques temps les jeunes générations.
“Il s’agit d’aller au bout du bout le plus vite possible avec des
alcools forts achetés dans les supermarchés, rappelle Yves Préaullt. Ce
phénomène connaît une véritable accélération en touchant
les jeunes dès le collège. Beaucoup de principaux sont effarés de ce
qu’ils voient”.
Perte de valeurs collectives, de repères, renchérissement de la vie,
problèmes personnels, les raisons de ces inquiétantes pratiques sont complexes mais nul doute
qu'elles sont très en vogue en fins de semaine ou lors de grands rassemblements comme celui du 21 juin. Les responsables de grandes ou moyennes surfaces qui
organisent leurs rayons en fonction de ces rendez-vous ne
s’y trompent pas. Selon les brasseurs, la part de boissons alcoolisées
consommées dans les bars, déjà très faible par rapport à celle de l'alcool acheté en magasins, ne cesserait d’ailleurs de
baisser au profit de ces derniers. Le 21 juin en tout cas, impossible d’échapper aux mises en garde de la ville puisque de grands
panneaux ou bâches seront installés Place de la République et sur l’Hôtel de Ville près duquel un espace d’accueil et de
repos est également prévu.
Pierre-Henri ALLAIN


L'alcool n'est pas si mauvais en soi,on s'en sert bien pour conserver les cornicons.
Rédigé par : Nicolas | 19/06/2008 à 15:26