“L’achat réfléchi” ne trouve pas grâce auprès du Bureau de Vérification de la Publicité
CONSOMMATION - L’expression “développement durable” a beau être très à la mode, elle trouve rapidement ses limites dès que des intérêts industriels supérieurs sont en jeu. Le syndicat de traitement des ordures ménagères de l’agglomération de Saint-Brieuc (Côtes d’Armor) qui souhaitait promouvoir de nouvelles manières de consommer à travers une campagne d’affichage dont l’audace allait jusqu’à remettre en cause l’intérêt des dosettes de café ou des rasoirs jetables, vient d’en faire la dure expérience.
(Photo DR)
“Non au développement jetable” proclamaient plusieurs visuels mettant sur la balance les dosettes en question (soit autant d’emballages) et un paquet de café ordinaire, des rasoirs jetables et un rasoir réutilisable, des fruits en barquette et les mêmes en vrac, une boîte de lingettes et une simple éponge, etc. C’en était trop pour le Bureau de vérification de la publicité (BVP) qui n’a pas du tout vu ça d’un bon oeil.
“Cette campagne nous parait de nature à porter gravement préjudice à des secteurs économiques voire à des marques identifiables de produits, ce qui est contraire aux règles d’autodiscipline des professions publicitaires”, a expliqué le BVP au Smictom et à l’Agence Totem ayant conçu la campagne. Et d’ajouter, après avoir soulevé la menace d’actions en justice des dites marques, que certaines informations seraient fausses ou trompeuses. Un exemple? L’expression “zéro vitamines dans les emballages” pourrait, selon le BVP, laisser entendre que le fait d’emballer les fruits les priveraient de vitamines... Ou encore “L’eau du robinet ça coule de source” risquerait d’induire une confusion avec l’eau de source dans l’esprit du consommateur... Si les analyses sémantiques du BVP étaient toujours de cet acabit, on se demande s’il y aurait encore beaucoup de publicités à obtenir des avis favorables... Autre remarque: que l'achat de dosettes de café découle d'un "effet de mode", comme il est fait mention sur un visuel, serait, en cas de litige, difficile à prouver (faudrait peut-être demander à Georges C.?)... Toujours est-il que, moyennant quelques corrections, le Smictom, qui estime que sa campagne d’affichage cadre plutôt bien avec “les objectifs nationaux de réduction des déchets” (il est bien placé pour le savoir), n’en a pas moins décidé de la maintenir, soutenu par plusieurs associations de défense de l’environnement. Prévues pour la semaine du développement durable, certaines affiches resteront même sur les abribus de St Brieuc jusqu'au 22 avril. On ne verra pas toutefois ces visuels faisant la promotion d’un “achat réfléchi” (ça change!) sur les autobus de l’agglomération. La société Métrobus, qui a la concession de ces espaces, a pris le parti des dosettes et préféré, prudente, suivre l’avis du BVP.
Pierre-Henri ALLAIN


« Cette campagne nous parait de nature à porter gravement préjudice à des secteurs économiques voire à des marques identifiables de produits, ce qui est contraire aux règles d’autodiscipline des professions publicitaires »
Je ne savais mais pas qu'il y avait une telle règle, en tout cas elle est loin d'être toujours respectée. Je pense par exemple aux pubs comparatives Apple ou toute l'industrie des produits dédiés à microsoft subit le "préjudice". De toute façon l'intérêt général devrait primer sur les intérêts particuliers des firmes productrices de déchets.
Rédigé par : Loïc | 07/04/2008 à 10:40
Inquiétant, mais pas si étonnant ! Les intérêts économiques sont plus forts que l'intérêt général ...
Cette campagne d'affichage pose pourtant bien le problème : comment réduire les déchets à la source, si on continue de sur emballer, de consommer du jetable ?
Qu'en pense Borloo ?
Rédigé par : Rosemarie | 07/04/2008 à 10:53
Le BVP se fout vraiment de la gueule du monde...quand on nous vante des "voitures propres" (alors qu'au mieux elles sont moins poluantes !!!) on entand pas le BVP réagir. Pour le BVP une bonne pub c'est une pub qui ne sert qu'à decerebré le consomateur ?
Rédigé par : Eric | 07/04/2008 à 10:54
Tout se résume à cette évidence que réfléchir est mauvais pour le mode de production actuel ... Ce qui laisse assez bien à penser que ce mode de production est mauvais pour la réflexion, et donc, en substance pour l'Etre Humain.
Cette évidence est de plus en plus mesurable par l'expression du système économique lui-même. Que demander de plus ? Qu'attendre d'autres pour modifier ses attitudes ? Se complaire comme tant et tant à ne pas se 'prendre la tête' en se concentrant sur les sorties musicales et les matchs à la mode.. revient bien à participer à la durabilité des ordures..
Rédigé par : lotaire | 07/04/2008 à 10:57
le syndicat pourrait aussi expliquer pourquoi la simple lame coûte plus cher que le rasoir jetable ?
Rédigé par : steph | 07/04/2008 à 11:14
Le BVP est une émanation des industriels qui font de la pub. C'est un organisme purement professionnel, comme l'ordre des médecins ou des avocats, et puremetn corporatiste. Les règles qu'il édicte n'ont de valeur que parce que les diffuseurs (médias) les respectent, mais en soit n'ont pas de valeur légale.
Je serais curieux de voir ce que répondrai un tribunal aux accusation du BVP contre cette campagne... pour une fois, le droit s'imposerait alors au copinage.
Rédigé par : Javi | 07/04/2008 à 11:21
Pour vraiment aborder ces thèmes, la Toile, c'et l'idéal...
Rendez-vous sur http://www.thedifferentmagazine.com/
pour une info écolo et crédible.
Rédigé par : Vanessa | 07/04/2008 à 11:21
Le BVP, en France comme en Belgique, est un lobby contrôlé par les annonceurs, il défend donc leurs intérêts. Ça vous étonne ?
Les associations ayant accepté l'idée d'y participer ont jeté l'éponge : il n'y a pas d'auto régulation dans le secteur.
La meilleure attitude qu'il nous reste face à ces tartuffes : le mépris qui leur fait perdre le peu de légitimité qu'ils prétendent détenir.
Un antipubard de Belgique
Sujet de mémoire en socio politique : Anti publicité, critique ou récupération ? (UCL 2006). Cf : antipub.be
Rédigé par : julien Fieyre | 07/04/2008 à 11:32
Le BVP serait donc un organisme qui surveille la pub ? Mais on ne nous avait jamais rien dit......!
QUE D'HYPOCRISIE DANS LES PROPOS DE CE B.V.P !
Nous sommes en République libérale (on nous le redit dans chacun des propos de Nicolas et de ses ministres)
Alors pourquoi un BVP ?
Si des marques s'estiment offusquées ou calomniées dans des publicités elles peuvent faire des procès à l'afficheur etc.
Alors ce BVP devrait disparaitre : il n'a pas de réelle justification.
À la trappe, tout ça !
Rédigé par : Peyo | 07/04/2008 à 11:44
Le BVP est lui-même très bon communicant.
Pour preuve voici, sur son site web, son action en matière de "Publicité et développement durable"...
http://www.bvp.org/fre/hidden/actualites/pub-developpement-durable.html
Rédigé par : Fabien | 07/04/2008 à 11:58
ha ha ha !!! le bvp tout le monde sait que cela n'existe pas! Sinon une pub qui promeut le beton (blocalliance) comme etant un produit qui contribue a la reduction des emissions de CO2, ca ne passerait pas! rassurez vous ; le bvp ca n'est qu'une legende...
Rédigé par : raoul | 07/04/2008 à 12:22
@ julien Fieyre
possible de lire le mémoire dont tu fais état ? Pas trouvé sur le site antipub.be
lien ?
Bruno
Rédigé par : bruno | 07/04/2008 à 12:25
Hallucinant ! Depuis quand interdit on une pub pour atteinte à un secteur ou à des marques identifiables ? Ne sommes nous pas dans une société capitaliste où la concurrence doit s'exercer ? Le développement durable n'est, de ce point de vue là, qu'un critère parmis tant d'autres.
Je ne portais pas le secteur publicitaire en grande estime, cet épisode n'arrange pas les choses...
Rédigé par : Guillaume | 07/04/2008 à 12:27
Ne pourrait-on envisager la suppression du BVP dans le cadre de la RGPP ?
Rédigé par : Passant | 07/04/2008 à 13:08
Mes préférés restent les opérateurs télécom. Téléphonez moi....
Rédigé par : Jack'n Roll | 07/04/2008 à 13:44
Responsable au smictom des châtelets de la diffusion de cette campagne, ça fait plaisir de lire vos soutiens.
Ne lâchez rien !
Rédigé par : clément | 07/04/2008 à 14:27
le BVP est juste une instance corporatiste, ils ont de la chance d'exister encore.
En ces temps olympiques, n'oublions pas qu'ils avaient interdit (enfin, émis un avis défavorable, les hypocrites) une pub d'amnesty montrant le manifestant de tien an men seul devant la colonne de char (image pourtant vue et revue) sous prétexte que ce film portait atteinte à un souverain étranger !!!
Rédigé par : Guillermo | 07/04/2008 à 15:30
Pour mon mémoire, tu sais me donner une adresse, je t'envoie le PDF, (enlever le "1" : 1babanem@hotmail.com)
Cette formule permet de ne pas se faire spamer automatiquement...
Julien
Rédigé par : julien Fieyre | 07/04/2008 à 16:07
mais n'est ce pas un peu le but que de dénoncer les cochonneries marketing que les gros industriels veulent nous faire acheter pour consommer plus, plus vite et plus cher?
bon j'admet c'est peut etre subjectif en faveur de l'environnement, pauvres des industriels ils n'ont pas encore eu le temps de nou sortir des produits marketing bios. Pour une fois que l'état(ou plutot une fraction minime) c'était décidé à dénoncer l'arnaque et aider les gens à faire un choix conscient de pollution...
Rédigé par : ln | 07/04/2008 à 16:41
De toute façon, le BVP, quoi qu'il en dise n'a qu'un pouvoir consultatif. Après, que Nespresso ou Bic attaque le Syndicat en question. Ce sera très très drôle de les voir à un procès PUBLIC attaquer et dire que c'est pas bien de dire du mal des dosettes. Si le Smictom manque d'inspiration, il y a aussi les lingettes jetables.
A quand une campagne virale du Smictom si Metrobus ne veut plus les afficher ? Là, ca ferait très très mal...
Rédigé par : Antoine | 07/04/2008 à 20:02
merci au BVP de réagir aussi vivement à cette campagne contre le gaspillage .
sans eux quel impact aurait eu ces publicités ?
le BVP est beaucoup moins pointilleux
lorsqu'il s'agit d'exposer des femmes en
tenue légère(meme en plein hiver)sur les
supports publicitaires des abris bus des
ecoles!
Rédigé par : le henaff jean | 07/04/2008 à 21:38
Pourquoi le BVP accepte que les cimentiers à travers leur émanation BLOCALLIANCE accepte que cette société fasse une publicité sur FRANCE INTER annonçant, sans honte, que le bloc béton qui est gris, devrait être vert, car il est produit sans aucune énergie ; effectivement il suffit de mélanger des graviers, du ciment et de l'eau... de qui se moque-t-on ?
Rédigé par : ORTEGA | 08/04/2008 à 09:47
Ce qui m'étonne dans tous ces commentaires c'est leur ingénuité du style "pour qui il se prend le BVP à défendre les gros industriels. De toutes façons il donne un avis qui n'a pas de valeur légale" OK, mais en France, la publicité comparative est interdite (par la loi) et si, sur une affiche on peut reconnaitre des rasoirs jetables, dont la marque rappelle des stylos, et que l'on dit qu'ils sont moins bons (ou moins écolos, ou moins quelque chose), qu'un rasoir non jetable dont la marque évoque la vitesse supersonique, c'est de la publicité comparative, et la marque de stylo n'a pas à faire la preuve que ses rasoirs ne sont pas pourris, il attaque juste sur l'illégalité de la pub comparative.
Rédigé par : fimio_4 | 08/04/2008 à 20:20