Le candidat PS de Rennes s’en prend à Nicolas Sarkozy
MUNICIPALES - Lors de la présentation de sa liste « Rennes, une ambition partagée » mardi soir devant 1000 personnes, le candidat socialiste Daniel Delaveau qui brigue la succession d'Edmond Hervé a vivement pris pour cible son adversaire soutenu par l'UMP et les discours et la politique du Président de la république concernant la laïcité et l’immigration.
« Oui, le combat pour la liberté et la dignité de l’homme, nous le
faisons vivre en luttant contre la politique de l’immigration menée par
le gouvernement Sarkozy, en luttant contre les conditions de rétention
des étrangers dans notre pays et concrètement ici, à Rennes », a t-il
lancé, évoquant le plus important centre de rétention de l’ouest,
ouvert l’été dernier à Saint-Jacques de la Lande.
L’ancien maire de
cette commune limitrophe a également exprimé son attachement à « ces
valeurs de solidarité et de laïcité » qu’il a estimé « remises en cause
par le Président de la république lui-même dans ses récents discours de
Rome et de Ryad ». Daniel Delaveau en a profité pour rappeler le
discours du maire sortant Edmond Hervé qui s’est indigné vendredi, lors
de l’inauguration du Théâtre National de Bretagne devant la ministre de
la culture Christine Albanel, des propos du Président de la république qui a déclaré que
« les racines de la France sont essentiellement chrétiennes ». Le maire
de Rennes avait remarqué qu’elles étaient « au moins judéo-chrétiennes
» et mis en garde contre des signes « d’intolérance à l’égard des
millions de musulmans qui vivent en Europe ».
Dans un discours
offensif, sous les verrières de la Halle Martenot, avec orchestre et
repas pour les militants et sympathisants présents, Daniel Delaveau a
fustigé son adversaire Karim Boudjema qui « se dit sarkoziste, mais un
jour sur deux. Il se réclame de Pierre Méhaignerie, secrétaire général
adjoint de l’UMP, mais du Méhaignerie d’avant ! D’avant quoi ? ».
Après
avoir rendu hommage à Edmond Hervé, il a enfin rappelé ce qui pour lui
constitue « le premier défi » du prochain mandat, à savoir le « défi de
la ville pour tous », 200 000 personnes nouvelles étant attendues d’ici
2030 dans « la grande aire urbaine de Rennes » et 600 000 en Bretagne.
Une nouvelle occasion pour le candidat PS d’épingler Pierre Méhaignerie
qui, en cherchant à « entraver » le projet du conseil régional d’un «
établissement public foncier régional », visant à une meilleure
maîtrise des terrains pour l’accueil des futurs nouveaux venus, « n’a
de cesse de faire passer ses intérêts politiciens avant l’intérêt
général ».
Quelques heures plus tôt, au Café des Champs Libres,
Karim Boudjema avait lui aussi dévoilé les 61 noms de sa liste «
Rennes, une ville capitale ». Une liste où ne figure pas l’ancien outsider
d’Edmond Hervé en 2001 Loïc Le Brun mais, en bonne place, deux autres
conseillers municipaux UMP, Bruno Chavanat et Benoît Caron. Des noms
auxquels s’ajoutent ceux d’un UDF-MoDem, de trois « Nouveau Centre »,
de deux « Gauche Moderne » et de plusieurs personnalités de « la
société civile ». Autant de gages, selon le chirurgien, du "vrai
souci d’ouverture" d'une liste placée sous le triple signe "du changement, de la responsabilité et de l'éclectisme ».
Pierre-Henri ALLAIN



Et elles viendront d'ou les 200 000 personnes prévues ?
Et pourquoi 200 000 personnes arriveraient sur Rennes ?
Si on compte sur l'exode des retraités , pour eux la destiantion sera la cote, pas le bassin rennais.
Si on compte sur un afflux de travailleurs, il faudrait avoir un plan de dévpt éco énormissime. Sans compter que PSA finira bien par partir un jour.
Alors, 200 000 ? Pourquoi ? Comment ?
Rédigé par: cilco | 13/02/2008 à 08:29
Parler de mouvement de populations à l'échelle de la région de Bretagne, de nouveaux arrivants, d'exode rural, etc, sans évoquer l'attraction de Nantes sur toute la côte sud ou le rapprochement géographique des deux aires urbaines de Nantes et Rennes, c'est n'importe quoi. Toute politique ambitieuse dans ce domaine dépendra d'un nécessaire rapprochement entre ces deux cités au niveau politique et administratif, sous peine de marginaliser davantage l'ouest breton.
Faut arrêter la galette saucisse !
Rédigé par: Remond Enervé | 13/02/2008 à 09:08
Il était temps que Daniel Delaveau s'exprime sur le centre de rétention de Saint Jacques de la Lande.
On ne l'avait pas entendu lors de l'ouverture du centre en août dernier, ce qui aurait été heureux en tant qu'ancien maire de cette commune.
On ne l'a pas davantage vu lors des nombreux rassemblements et manifestations de protestation qui se sont tenus devant les grilles de cette prison qui ne dit pas son nom.
Son indignation morale est heureuse. Mais au-delà, s'il est élu, son action à la Ville de Rennes prendra-t-elle en compte la nécessaire remise à plat des relations Nord-Sud ? Les communes, particulièrement Rennes qui a développé de nombreux jumelages et accords de coopération, disposent d'une compétence forte en matière de coopération décentralisée, c'es-à-dire une coopération qui n'est pas d'Etat à Etat mais de collectivité locale à collectivité locale. Il ne suffit pas de s'indigner quand on est dans l'opposition contre la politique d'immigration du gouvernement : il faut aussi agir pour le développement des pays du Sud, seul moyen de redonner espoir à leurs populations. Sinon, il y aura toujours des individus prêts à braver la mort pour rejoindre "l'eldorado" des pays du Nord.
Mais il ne s'agit pas que d'agir "là-bas". Il faut aussi remettre en cause notre mode de développement ici et l'appui aux multinationales françaises qui ravagent le Sud. Comme Véolia, l'entreprise en charge de la gestion de l'eau à Rennes, du traitement des déchets sur Rennes Métropole, du chauffage urbain dans les quartiers nord de la ville... Forts de leurs bases arrières lucratives comme à Rennes, Véolia et ces nouveaux léviathans peuvent étendre leur empire sur les pays fragilisés du Tiers Monde, mettant en coupe réglée leurs peuples qui n'ont plus pour seule échappatoire qu'une fuite éperdue vers nos pays riches. La solidarité internationale doit trouver des traductions concrètes au plus près de chez nous. Entamer le monopole de Véolia sur Rennes serait un bon début, un signe fort aux conséquences très matérielles. Plusieurs listes en lice l'ont bien compris.
Rédigé par: Lee Harvey O. | 13/02/2008 à 14:50